La grève des cheminots : Le 19 octobre dans la rue, demain on continue !20/10/20102010Journal/medias/journalnumero/images/2010/10/une-2203.gif.445x577_q85_box-0%2C11%2C168%2C229_crop_detail.png

À travers le mouvement sur les retraites

La grève des cheminots : Le 19 octobre dans la rue, demain on continue !

Mardi 19 octobre, la mobilisation restait forte à la SNCF. De nombreux secteurs avaient reconduit la grève la semaine précédente et, si le nombre de grévistes avait baissé, en particulier autour du week-end, des cheminots ne voulant pas que la SNCF « pique les repos », mardi le taux de grévistes remontait.

Le jour de la manifestation, la grève était majoritaire dans beaucoup de secteurs, aussi bien chez les agents de conduite que sur les chantiers ou dans les ateliers. Par exemple aux ateliers de maintenance TGV de Châtillon, en région parisienne, le taux de grévistes était de 54 % à l'Exécution. Aux ateliers TGV du Landy, le taux de grévistes était là aussi remonté à 52 %.

Lundi 18 et mardi 19 octobre, il y eut souvent affluence dans les assemblées. Dans les gares parisiennes, des assemblées de 150 et 200 cheminots votaient la poursuite de la grève et organisaient nombre d'actions. La grève continuait donc, montrant que face au gouvernement les grévistes n'entendaient rien lâcher, mais au contraire tout faire pour rejeter une réforme qui va à la fois amputer les pensions, diminuer les salaires de près de 3 % par l'augmentation des cotisations, et obliger les cheminots à rester entre deux et cinq ans de plus au travail.

L'entrée dans la grève des travailleurs des raffineries et le mouvement dans les lycées ont été ressenties comme un encouragement à continuer, la preuve que la partie n'est pas terminée.

L'attitude des directions syndicales a également conforté les grévistes. Jusqu'à présent, elles ont toutes poussé au renforcement, si ce n'est à l'élargissement du mouvement, contrairement à la politique qu'elles avaient eue en 2003 et en 2007, quand elles s'étaient opposées aux assemblées inter-services, aux visites de grévistes à d'autres secteurs, voire aux manifestations communes. Le mouvement a ainsi retrouvé des accents de 1995, avec le fameux « Tous ensemble, tous ensemble ».

Lors de la semaine écoulée, il n'a pas manqué d'actions communes, dynamiques, regroupant des grévistes de tous métiers et tous âges. Les rencontres avec la population ont montré aux cheminots qu'ils bénéficient d'un réel soutien, que leur grève est populaire, et ce, que ce soit lors de distributions de tracts aux automobilistes ou aux voyageurs, ou bien lors de manifestations improvisées, et il y en eut beaucoup.

Des cheminots de Melun sont allés soutenir les travailleurs de la raffinerie de Grandpuits. Puis, le jeudi 14, les mêmes cheminots ont été rejoints par une manifestation improvisée et très dynamique de centaines de lycéens.

Aux ateliers de Romilly, ce sont des travailleurs réquisitionnés d'une raffinerie qui ont demandé le soutien des cheminots pour renforcer leurs piquets et empêcher la sortie d'un train de citernes.

À Angers, la CGT-cheminots dispose d'une salle près du centre-ville. Là, des grévistes de la ville (et uniquement les grévistes) sont invités à se rencontrer pour discuter de la grève. Tous les jours, une centaine de travailleurs (enseignants, éboueurs, métallurgistes de PCM et de Valéo, infirmières, cheminots.) se retrouvent autour d'un repas très convivial. Ils ont organisé des petites actions, comme la diffusion d'un tract dans la zone industrielle.

Autre exemple encore : mardi 19 à Tours, le dépôt de carburants de Saint-Pierre-des-Corps a été bloqué par une quinzaine de militants routiers de la CFDT, ensuite renforcés par une vingtaine de cheminots de l'atelier du dépôt, rejoints par des enseignants d'une école primaire en grève. Toutes ces actions sont précieuses et entretiennent le moral des grévistes.

Mais, à eux seuls, les cheminots ne peuvent pas inverser le rapport de forces entre l'ensemble du monde du travail et le gouvernement. C'est pourquoi beaucoup attendent une extension significative des grèves à d'autres secteurs. Aura-t-elle lieu ? Quelles suites donneront les directions syndicales qui se rencontrent le 21 octobre ? Toutes ces interrogations sont d'ores et déjà discutées et elles le seront plus encore dans les assemblées du mercredi 20, où les grévistes les plus combatifs auront à convaincre leurs camarades de maintenir la pression et de décider le plus démocratiquement possible des suites à donner à un mouvement toujours prometteur.

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