Après le 23 septembre : Poursuivre, élargir la mobilisation30/09/20102010Journal/medias/journalnumero/images/2010/10/une2200.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Editorial

Après le 23 septembre : Poursuivre, élargir la mobilisation

Le gouvernement s'est livré après les manifestations du 23 septembre à une propagande effrénée affirmant que le nombre de manifestants était nettement inférieur à celui du 7 septembre. Mensonge éhonté une fois de plus.

La participation aux manifestations a été au moins du même ordre de grandeur que celle du 7 septembre, et de surcroît des manifestations ont eu lieu dans plus de villes. Dans nombre de villes, en particulier moyennes et petites, si la participation des travailleurs du secteur public s'est tassée, il y a eu davantage de manifestants du secteur privé, notamment de petites entreprises.

Les grèves et les manifestations ont bénéficié de la sympathie, non seulement de la grande majorité des travailleurs, mais même d'une majorité dans la population. Le gouvernement n'a pas réussi, cette fois-ci, à opposer ceux qui n'ont pas participé à l'action à ceux qui ont manifesté.

Alors, il faut continuer ! Il faut que l'action aille crescendo afin d'aboutir à un changement réel dans le rapport de forces entre le grand patronat et le gouvernement, d'un côté, et les victimes de leur politique, de l'autre.

Les confédérations syndicales ont fait deux propositions : une manifestation le samedi 2 octobre pour que puissent y participer ceux des travailleurs qui ne sont pas encore prêts à faire grève ou ceux qui, ayant fait grève les 7 et 23 septembre, préfèrent ne pas perdre de jours de salaire supplémentaires ; et une autre échéance, le 12 octobre, qui sera une journée à la fois de grèves et de manifestations.

Quels que soient les motivations, les calculs ou les arrière-pensées des dirigeants syndicaux, ces propositions ouvrent une perspective de mobilisation pour le monde du travail. Il faut s'en saisir.

Bien au-delà de la loi inacceptable sur les retraites, le patronat et le gouvernement multiplient depuis des années les attaques contre la classe ouvrière et ses conditions d'existence. La crise a encore amplifié ces attaques. La grande bourgeoisie, les actionnaires, incapables en cette période de crise d'assurer la croissance de leurs fortunes par le seul développement économique, par l'augmentation de la production et des ventes, le font en prélevant toujours plus sur les salariés, sur les classes populaires. Cela continuera jusqu'à ce que le monde du travail les arrête.

Il est vital pour le monde du travail de renverser le rapport de forces. Car, après l'attaque contre les retraites, ils en ont d'autres à notre intention. Ils s'attaqueront encore plus aux salaires, ils s'attaqueront à la durée du travail, aux congés, à la protection sociale. Avec les loyers qui deviennent hors de portée, les prix qui montent, il sera toujours plus difficile de s'en sortir avec des salaires et des retraites amputés.

Tous les États se sont endettés jusqu'au cou pour venir au secours des banques et du grand patronat pendant la crise financière, l'État français comme les autres. Ils vont tous chercher à récupérer, sur le dos des salariés et des classes populaires, les sommes gaspillées pour la classe possédante.

Tous les travailleurs sont encore loin d'avoir réalisé que le patronat mène une guerre de classe qui sera de plus en plus violente. Et, dans un contexte de crise, sous la menace du chômage, il n'est pas facile de se décider à agir.

Alors, il ne faut pas que ceux qui sont déjà prêts à agir se découragent. Il faut, au contraire, qu'ils montrent aux autres travailleurs qu'ils ont confiance dans la classe ouvrière et dans sa force.

Si les bourgeois, si le grand patronat ont pour eux la puissance de l'argent et si l'État est tout entier à leur service - et il le sera encore après 2012 quel que soit le résultat des élections -, ce sont les travailleurs qui font marcher l'économie. Les profits élevés des grosses entreprises et de la finance viennent de l'exploitation des salariés. Par là-même, la classe ouvrière a la possibilité, en bloquant l'activité économique, d'assécher les sources de profit.

Personne ne peut deviner à quel rythme et par quel chemin la classe ouvrière se mettra en mouvement de façon suffisamment décidée et ample pour que le grand patronat, les banquiers et l'État prennent peur.

Mais c'est la seule voie et le seul moyen de contraindre les possédants à prendre sur leurs profits présents ou passés, sur leurs fortunes, de quoi payer les frais de la crise de leur économie, au lieu de la faire payer au monde du travail.

Arlette Laguiller

Éditorial des bulletins d'entreprise du 27 septembre

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