Loi Besson sur l'immigration : Durs avec les faibles, complaisants pour les puissants22/09/20102010Journal/medias/journalnumero/images/2010/09/une2199.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Loi Besson sur l'immigration : Durs avec les faibles, complaisants pour les puissants

Les députés UMP font de la surenchère. Ceux de l'aile la plus réactionnaire du parti viennent de durcir encore le projet de loi Besson sur l'immigration qui doit être soumis au vote le 28 septembre prochain.

La loi Besson avait déjà été passablement aggravée par une série d'amendements des députés UMP. Ils avaient accentué la répression des mariages « gris », impliquant un ressortissant étranger jugé, à tort ou à raison, sans réelle intention matrimoniale. Ceux-ci seront désormais punis de sept ans d'emprisonnement (contre cinq ans jusqu'à présent). Et l'amende passera de 15 000 à 30 000 euros.

Ils ont aussi rendu plus difficile l'accès à l'aide médicale d'État pour les sans-papiers, sous prétexte d'éviter un coût « déraisonnable pour le système de santé français ». L'humanité n'est pas le point fort de ces députés, et le simple bon sens non plus qui voudraient que, dans l'intérêt de tous, ceux qui vivent ici, Français comme étrangers, soient correctement soignés.

La dernière trouvaille, à l'initiative du rapporteur du texte, le très réactionnaire Thierry Mariani, concerne la question du « bannissement des étrangers ».

Le projet de loi donnait à l'autorité administrative la possibilité d'assortir sa décision d'éloignement d'un étranger d'une « interdiction de retour sur l'ensemble du territoire européen » pour une durée de cinq ans. Avec le nouvel amendement, le bannissement deviendrait la règle et non plus une possibilité.

Les députés UMP sont prêts à toutes les démagogies pour tenter d'attirer vers leur camp les voix lepénistes, mais ils ne perdent pas le nord pour autant. Les mêmes ont en effet décidé de préserver les patrons qui embauchent des sans-papiers sans avoir connaissance, nous dit-on, de la situation illégale du salarié en question. Ainsi, les patrons jugés « de bonne foi », ou se présentant comme tel, « ne pourront pas être poursuivis sur le plan pénal pour des recrutements illégaux du seul fait du comportement des salariés concernés ». Ce sera à l'inspecteur du travail d'apporter la preuve de la mauvaise foi de l'employeur.

En clair, les patrons du bâtiment, de l'hôtellerie-restauration et de bien d'autres secteurs, qui exploitent des travailleurs sans papiers pour les payer moins cher, peuvent se frotter les mains : leurs députés veulent leur assurer l'impunité. Ils réservent les rigueurs de la loi aux étrangers, de préférence pauvres et sans défense.

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