Dans les établissements scolaires : 53 policiers peuvent-ils remplacer 50.000 adultes ?22/09/20102010Journal/medias/journalnumero/images/2010/09/une2199.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Dans les établissements scolaires : 53 policiers peuvent-ils remplacer 50.000 adultes ?

Depuis la rentrée scolaire, des policiers ou gendarmes ont été affectés sur 53 lycées et collèges dits sensibles. Pour l'instant, écoles primaires et maternelles n'entrent pas dans ce dispositif sécuritaire.

Lundi 20 septembre, Hortefeux et Chatel, respectivement ministres de l'Intérieur et de l'Éducation nationale, ont installé un de ces policiers « référents » dans le lycée de Moissy-Cramayel, en Seine-et-Marne, où malgré des barrages ils ont été conspués par des élèves, des professeurs et des parents hostiles à cette mesure qu'ils estiment aussi démagogique qu'inefficace pour assurer la sécurité dans les établissements scolaires.

Le gendarme ou le policier référent en question dispose d'un bureau dans les établissements sélectionnés, où il assurera toute l'année une permanence de quatre heures hebdomadaires pour discuter avec le personnel éducatif, les élèves ou les parents. Pour bien montrer sa fonction à tout le monde, il porte l'uniforme et son arme de service. Ses missions sont de conseiller le chef d'établissement, de signaler les faits de violence, « d'identifier des jeunes susceptibles de ne pas être dans le droit chemin », de faire des séances d'information et de prévention auprès des élèves, etc.

Les actes de violence et de délinquance sont un réel problème dans les établissements scolaires, qu'ils soient le fait d'élèves en rupture de ban ou de bandes extérieures qui font intrusion. Mais qu'est-ce que la présence d'un policier quatre heures par semaine pourra y changer ? Qui serait assez naïf pour croire, par exemple, qu'un élève victime de racket ou de brutalités pourra sans risque aller frapper à la porte de son bureau, sous les yeux de tous les autres ? Quant à repérer des jeunes « susceptibles de ne pas être dans le droit chemin », les adultes présents dans l'établissement y arrivent très bien tout seuls, eux qui sont en contact permanent avec les élèves ; à condition toutefois que ces adultes soient assez nombreux.

Et c'est bien là le problème. L'Éducation nationale a perdu 50 000 emplois ces dernières années, ce ne sont certainement pas 53 policiers, même forts de leur uniforme et de leur arme de service (à condition qu'ils ne se la fassent pas voler !), qui pourront suppléer à leur absence et veiller à la sécurité dans tous les établissements.

Le discours sécuritaire du gouvernement n'est là que pour la galerie. La situation ne pourra pas s'améliorer dans les écoles tant qu'il continuera à supprimer du personnel : non seulement cela ne permet pas d'encadrer les élèves comme il le faudrait, mais en plus cela crée de nouveaux problèmes là où il n'y en avait pas auparavant.

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