Grèce - À la foire de Thessalonique : Manifestation contre l'austérité15/09/20102010Journal/medias/journalnumero/images/2010/09/une2198.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans le monde

Grèce - À la foire de Thessalonique : Manifestation contre l'austérité

La foire de Thessalonique, dans le nord de la Grèce, qui a lieu chaque année au début de septembre, est à la fois un rendez-vous commercial international et la rentrée politique et syndicale. Le Premier ministre y fait un discours-programme et les opposants des conférences de presse et des manifestations. Cette année, la manifestation a été particulièrement importante.

Vingt mille manifestants ont défilé dans les rues pour protester contre l'austérité imposée par le gouvernement, les banquiers et le FMI, contre le démantèlement de la protection sociale et les attaques sur les retraites, un bon nombre réclamant que « le capitalisme paye la crise » et qu'on « nationalise les banques ».

Le Premier ministre Papandréou a appelé à continuer les efforts, il a promis qu'il n'y aurait pas de nouvelles coupes de salaires, ni d'augmentations de l'électricité ou du fioul, certains commentateurs ont ajouté : « Pas avant les élections municipales et régionales de novembre prochain ». Mais de toute façon la situation est déjà devenue insupportable pour la plus grande partie de la population. Officiellement le chômage est à près de 12 %, 4 % de plus qu'il y a un an. Mais un jeune sur trois est chômeur et, d'après les syndicats, le taux de chômage atteint 25 % à Thessalonique, 30 % à 50 % dans certaines villes du Nord plus petites comme Drama et Naoussa.

Officiellement l'inflation est de 5,5 %. Les salaires et les pensions ont été largement amputés par la suppression des primes et les hausses de la TVA ; une manifestante témoignait d'une baisse de sa pension de 30 %.

Imperturbable, le gouvernement continue sur sa lancée, félicité pour sa rigueur par la Banque centrale européenne et le FMI, dont les représentants sont à nouveau à Athènes pour examiner les comptes. Papandréou et ses ministres ont entamé une étape de plus dans les privatisations, annonçant l'ouverture au capital non pas de l'OSE (les chemins de fer helléniques), mais de sa filiale Trainose qui gère le matériel roulant. Cependant les effectifs des deux établissements devront passer de plus de 6 000 employés à 3 800, par des « mutations » comme le promet le ministre des Transports. Et à l'OSE il faudra supprimer « les rémunérations secondaires » dont, selon le même ministre, « un bon nombre étaient provocantes » !

Le discours de Papandréou a été émaillé d'exhortations à « une économie innovante, à la compétitivité ». Il a donc rappelé la nécessité d'ouvrir à la concurrence certaines professions, comme celle des petits patrons routiers, qui ont immédiatement repris leur grève. Le gouvernement a fait voter fin août un amendement offrant aux banques 25 milliards d'euros de garantie, prétendument « pour leur donner la possibilité d'attribuer plus de crédits aux ménages » qui sont déjà surendettés ! Il a aussi prévu de faire passer plus tôt que prévu l'impôt sur les bénéfices des entreprises de 24 à 20 %. Comme base « d'une nouvelle époque » faite de « cohésion sociale et de justice », on fait mieux !

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