General Motors - Strasbourg : Référendum pour avaliser les méthodes de gangsters de la direction22/07/20102010Journal/medias/journalnumero/images/2010/07/une2190.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

General Motors - Strasbourg : Référendum pour avaliser les méthodes de gangsters de la direction

Lundi 19 juillet, les travailleurs de GM étaient appelés par trois syndicats (CFDT, CFTC et FO) à se prononcer par référendum sur la question : pour ou contre la reprise de l'usine de GM Strasbourg par GM Company soi-disant pour sauver les emplois et pérenniser le site.

La question était déjà truquée puisque la reprise de l'usine était conditionnée à une baisse de 10 % des coûts salariaux exigée par la direction de GM, c'est-à-dire le gel des salaires pendant deux ans, la suppression de 7 jours de RTT, le gel de l'intéressement jusqu'en 2013, plus quelques bricoles pour arriver aux 10 % d'économie.

Partagés entre l'espoir de garder leur emploi et perdre du salaire, 645 salariés sur les 929 votants, ont choisi, le couteau sous la gorge, de répondre « oui ». Cependant 268 ont voté « non » à l'appel de la CGT qui n'était pas partie prenante de ce référendum qui donnait un chèque en blanc à la direction.

Le but de l'opération est d'exiger de nouveaux sacrifices des salariés et principalement aux travailleurs des ateliers. De moins en moins nombreux, suite au plan de suppression d'emplois de 2008 et celui qui est en cours, ils ont dû subir une augmentation de la production de 1 200 à 1 500 boîtes de vitesse par jour depuis trois mois. Et c'est sur eux que vont peser essentiellement les économies sur les coûts salariaux. En effet, simple exemple, la participation aux efforts des directeurs se résumera à payer, à hauteur de 100 euros par mois, pour faire le plein de leur voiture de fonction !

Ce référendum était doublement truqué car tout le monde était appelé à voter : les cadres en congés ou en maladie sont venus lundi pour voter, par contre les ouvriers qui sont dans le plan de suppressions d'emplois n'ont pas eu le droit de participer. Les organisateurs avaient sans doute trop peur qu'ils votent « non ».

Les travailleurs n'ont aucune raison d'être rassurés car aucune assurance ne leur est donnée, bien au contraire. La direction, en gangster sûr de sa force de frappe, avait déjà préparé son coup et, après s'être payé le luxe d'un « oui » majoritaire à ses attaques, elle se permet d'aggraver la note à payer.

Dès mardi matin, la direction dans son arrogance donnait pleinement raison à ceux qui ont voté NON ! À peine 12 heures après la fin du décompte des voix, à la réunion de CE, les délégués syndicaux découvraient dans le document pour lequel elle exige la signature de tous les syndicats - autre chantage - des nouvelles mesures qu'elle avait bien pris soin de cacher jusqu'à maintenant. En plus du vol sur les revenus salariaux, elle exige l'annualisation du temps de travail, à hauteur de 1 607 heures par an, la suppression du droit local, ce qui revient à banaliser le travail du dimanche, puisque la semaine irait du dimanche au dimanche. Les RTT ou ce qui en restera seront payées au taux horaire de base et sans prime. (Actuellement, une RTT en horaire d'après-midi ou de nuit est payée avec les primes). Et au bout de tout cela, General Motors Company peut racheter l'usine pour 1 euro, certes, mais elle peut vendre quand elle veut.

Quand ces mesures, qui avaient été soigneusement cachées avant le référendum, ont été connues, les travailleurs de GM, en particulier ceux qui avaient voté « oui », se sont sentis floués.

Tout le discours sur la sauvegarde des emplois est un vrai mensonge pour aggraver l'exploitation et peut-être au bout du compte procéder à la fermeture, comme cela est en train de se passer à Opel Anvers où les travailleurs aussi avaient accepté de gros sacrifices sur la promesse de garder les emplois.

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