Air France : Encore 4 100 emplois sur siège éjectable...22/07/20102010Journal/medias/journalnumero/images/2010/07/une2190.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Air France : Encore 4 100 emplois sur siège éjectable...

Air France vient d'annoncer la prochaine suppression de 4 100 postes. Une fois encore. Car, même si la direction de la compagnie s'emploie à présenter cela comme la conséquence de six trimestres de perte consécutifs, elle « oublie » de préciser que ce n'est pas d'aujourd'hui qu'elle supprime des postes : elle a même commencé à sabrer dans les emplois alors qu'elle réalisait les bénéfices les plus élevés du transport aérien mondial, et cela pendant dix années de suite !

Cette nouvelle vague de suppressions de postes s'inscrit dans la politique de réduction permanente de ses coûts salariaux, poursuivie par la direction d'Air France depuis des années. Et, pour essayer de masquer la chose, elle a beau étaler dans le temps l'annonce de ses plans dits de « départs volontaires » (1 800 pour le dernier en date, celui de 2009), de gel des embauches ou de « non-remplacement des départs naturels », le calcul est vite fait : ce sont près de 10 000 emplois qu'elle voudrait avoir réussi à supprimer entre 2008 et 2013, soit 16,3 % des effectifs en cinq ans !

Et il faut préciser que, dans bien des secteurs, l'activité n'a pas diminué, voire augmente. Autrement dit, cette diminution continue de la masse salariale - combinée avec un gel de fait des salaires, mais pas des prix pratiqués par la compagnie vis-à-vis de ses clients - se transforme en autant d'argent supplémentaire qui, réduction ou pas du trafic aérien, se retrouve dans les poches des actionnaires.

D'ailleurs les suppressions d'emplois ont atteint un tel niveau que, dans certains secteurs, la direction en arrive à craindre que cela la gêne pour emporter de nouveaux gros contrats. Ainsi, dans des domaines fort lucratifs de la maintenance aérienne (tels l'entretien et la révision des moteurs d'appareils d'autres compagnies) Air France doit quand même procéder à quelques embauches, au moins de jeunes qu'elle a l'habitude de faire travailler en apprentissage, pour faire face à la demande... et à la perspective de gains très importants pour la compagnie.

Le comble est qu'au moment où Air France préparait ces nouvelles suppressions d'emplois au fret, en escale (surtout en province) et au sol parmi le personnel commercial, sa direction annonçait des chiffres trimestriels positifs (pour elle). Début juillet, son directeur général vient d'ailleurs de confirmer que la compagnie, tablant sur une reprise du transport aérien, va commander une centaine d'Airbus ou de Boeing...

Cela représente une somme énorme qu'Air France va donc débourser, confirmant ainsi que les caisses de la direction ne sont pas vides, contrairement à ce qu'elle voudrait faire croire au personnel.

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