Coupe d'Europe de football : Sarkozy marque un but, à vous de payer09/06/20102010Journal/medias/journalnumero/images/2010/06/une2184.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Coupe d'Europe de football : Sarkozy marque un but, à vous de payer

Le président Sarkozy serait un amoureux du sport en général et du football en particulier. Sa présence régulière dans les stades le prouverait de même que l'acharnement qu'il aurait mis pour obtenir que la France organise la Coupe d'Europe de football en 2016. Le 25 mai, lors de l'attribution de l'organisation de cette compétition à la France, Sarkozy a même déclaré que « le sport est une réponse à la crise ».

Alors la réponse est très particulière, et seulement pour quelques-uns. Et d'abord pour les grandes sociétés de travaux publics à qui vont être confiées constructions et rénovations de stades, pour un budget total de 1,5 milliard d'euros. La Coupe du Monde de 1998 et l'édification du stade de France, pour 420 millions d'euros, avait déjà rapporté un beau pactole à Bouygues et Vinci, rois des bétonneurs. Ce sont bien évidemment les mêmes, les seuls en fait capables d'entreprendre de tels chantiers, qui vont repasser à la caisse. De plus Bouygues, également propriétaire de TF1 qui se réservera certainement les droits de diffusion télé, va toucher deux fois le gros lot...

Après la Coupe d'Europe, ces stades neufs ou rénovés seront exploités par des sociétés privées issues ou alliées des clubs de football professionnel. Ces derniers comptent bien rentabiliser pour eux-mêmes les investissements faits par l'État et les collectivités locales.

L'affaire était préparée de longue date, dans la perspective de transformer les grands clubs de football professionnel français en entreprises aussi rentables que leurs concurrents étrangers. La candidature de la France à l'Euro 2016 allait de pair avec des transformations législatives et réglementaires, des facilités fiscales, des aménagements urbains et jusqu'à un rapport de feu Séguin lui-même, allant tous dans le même sens : les clubs de foot de première division doivent pouvoir dégager des profits !

Cette conception du sport vise à permettre à des capitaux privés de trouver des investissements sans risques, puisque les fonds publics ont tout payé, quitte à augmenter encore la dette de l'État et à demander ensuite à la population de payer. Du pur parasitisme.

Cette prétendue « réponse » à la crise en est une caricature.

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