Banque Goldman Sachs : La spéculation révélée30/04/20102010Journal/medias/journalnumero/images/2010/04/une2178.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans le monde

Banque Goldman Sachs : La spéculation révélée

Le président des États-Unis, Obama, annonce une loi de « régulation financière ». Sans rien changer au système, il voudrait ainsi faire oublier qu'il a mis l'argent de l'État à la disposition des banquiers, pour les aider à surmonter la crise qu'ils avaient provoquée et qui se traduit par la perte de leur travail et souvent de leur logement, pour des millions de gens.

Cependant la banque Goldman Sachs vient, une nouvelle fois, d'être mise en cause à la fois par une commission du Sénat américain et par l'organisme de réglementation des marchés, la SEC, dont la présidente a été nommée par Obama en janvier 2009. Cette banque est accusée d'avoir agi contre ses clients, en les poussant à acheter des titres gagés sur le marché des crédits immobiliers - les fameux « subprimes » -, tout en étant rémunérée par le fonds de placement Paulson pour concocter une spéculation à la baisse sur ces titres.

« Les banques d'investissement comme Goldman Sachs n'étaient pas de simples courtiers, elles étaient les promoteurs intéressés de produits financiers risqués et complexes qui ont favorisé l'éclosion de la crise », affirme la commission d'enquête du Sénat. Elle cite notamment un courrier électronique du directeur général de la banque, Lloyd Blankfein, de novembre 2007, dans lequel il écrit : « Bien entendu, nous n'avons pas échappé à la pagaille des crédits immobiliers à risques. Nous avons perdu de l'argent, ensuite nous avons regagné plus que nous n'avons perdu, grâce à des positions courtes. » Alors que la banque déclare avoir perdu 1,2 milliard de dollars avec la chute du marché des crédits immobiliers, la commission met en avant le fait qu'elle a gagné 3,7 milliards en pariant sur cette chute.

Les enquêteurs ont eu accès à des milliers de documents de la banque, et jusqu'aux mails que le trader français de Goldman Sachs, Fabrice Tourre, avait échangés avec son amie. Celui-ci prévoyait déjà en mars 2007 que le marché des crédits immobiliers était « totalement mort », ajoutant que « les pauvres petits emprunteurs subprime ne vont pas faire de vieux os !!! » La banque lui avait demandé d'imaginer un système pour qu'elle tire profit de cet écroulement. Ce trader se présentait alors comme étant « au milieu de toutes ces opérations complexes, exotiques, à haut effet de levier qu'il a créées, sans forcément comprendre toutes les implications de ces monstruosités ».

Les grandes banques se disputent de tels jeunes, experts en mathématiques, à qui elles demandent de mettre au point des produits financiers hautement sophistiqués, dont il est impossible d'estimer les conséquences parce que gagés sur des crédits à risques, mais qui rapportent à la banque des bénéfices extravagants. La particularité de cette affaire, c'est qu'un certain nombre de documents qui relèvent à l'accoutumée du secret bancaire ont été mis sur la place publique. Ils confirment combien il est aberrant et dangereux de confier la gestion de l'économie à des banquiers. Ceux-ci sont parfaitement capables de parier sur la ruine de ceux à qui ils accordent des crédits. Et tout cela sans risque pour eux, dans la mesures où les banquiers sont protégés de la tourmente qu'ils ont eux-mêmes soulevée, par l'argent que leur donnent les États.

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