Retraites : Derrière le gouvernement, le patronat à l'offensive14/04/20102010Journal/medias/journalnumero/images/2010/04/une2176.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Retraites : Derrière le gouvernement, le patronat à l'offensive

La campagne orchestrée depuis des mois contre les retraites vient de grimper d'un ton, pour accompagner l'offensive annoncée par le gouvernement.

À la suite de ses entretiens avec les leaders des confédérations syndicales, le 12 avril, le ministre Eric Woerth a donné le la : il ne saurait être question de « négociations » : « On en parle depuis des années. Maintenant il faut agir ». Et de leur livrer un calendrier ponctué par la publication de divers « documents », la mise en place de divers « groupes thématiques », de nouvelles rencontres avec les « partenaires sociaux », avant d'aboutir, pendant l'été, à une présentation au Conseil des ministres puis au Parlement, dans l'idée d'un vote à la rentrée.

Un calendrier trop court, d'après les responsables syndicaux, comme François Chérèque qui souhaiterait « aller au fond des sujets », ou pour Bernard Thibault qui regrette que « le gouvernement refuse de créer les conditions d'un vrai débat sur les retraites dans le pays ». Et Jean-Claude Mailly de déplorer une « concertation » qui prend la forme d'une « confrontation »...

Et pourtant qu'y a-t-il d'étonnant à ce que le nouveau ministre du Travail, comme on l'y attendait, lâche les chiens de la prétendue « réforme » des retraites, l'élection régionale à peine oubliée ? Les bénéficiaires de celle-ci ne sont pas à chercher bien loin : les trois organisations patronales reçues par Woerth affichent leur satisfaction. Pour elles, il ne saurait être question de toucher aux revenus du « travail » - entendez : aux bénéfices -, ni d'une « taxation supplémentaire », précise le représentant de la CGPME, qui apprécierait une augmentation de la durée du travail, indexée sur l'espérance de vie.

Quant à Laurence Parisot, accompagnée pour le Medef d'un dénommé Pilliard - cela ne s'invente pas ! -, elle affecte un certain mystère sur ses propositions concrètes, tout en insistant sur la nécessité de préserver la « compétitivité du site France ». Il ressort néanmoins d'une réunion du Medef, commentée par Les Échos, que celui-ci verrait d'un bon oeil une attaque tous azimuts visant à « travailler sur les différentes bornes d'âge et les durées de cotisation, tout en tenant compte de l'évolution de l'espérance de vie », le tout incluant une « harmonisation avec le régime de retraite de la fonction publique ».

Recul de l'âge légal de départ, augmentation du nombre de trimestres nécessaires à une retraite à taux plein, alignement à la baisse du calcul des pensions et refus d'augmenter les cotisations... patronales : tels sont les objectifs de l'offensive du patronat, appuyée par l'artillerie gouvernementale.

Dans un contexte politique où l'équipe sarkozyste juge urgent de donner des gages au monde de la finance, tout en resserrant les rangs de l'UMP derrière « un président qui tient ses promesses même s'il coule dans les sondages », cette attaque contre les retraites est une attaque brutale contre des millions de salariés, chômeurs, retraités et futurs retraités.

À celle-ci, le monde du travail se doit d'opposer une riposte d'envergure. Et le premier objectif doit être d'imposer le retour aux 37,5 annuités de cotisation et à l'indexation des pensions sur les salaires, et non sur un indice d'inflation trafiqué.

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