Afghanistan : Une offensive qui ne masque pas l'échec de l'occupation17/02/20102010Journal/medias/journalnumero/images/2010/02/une2168.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans le monde

Afghanistan : Une offensive qui ne masque pas l'échec de l'occupation

Les responsables militaires de l'Otan se déclarent « satisfaits » de l'offensive qu'ils mènent depuis le 12 février dans le sud de l'Afghanistan, la plus importante en effectifs depuis le début de la guerre il y a huit ans.

En deux jours, 15 000 soldats des forces internationales alliées et de l'armée afghane ont réussi à reprendre un village dans la province de Helmand, tuant selon eux une vingtaine de « talibans », mais faisant aussi douze victimes civiles - « un accident malheureux », a déclaré un général américain.

L'attaque avait été annoncée des jours auparavant, les rebelles avaient donc eu le temps de se retirer dans les vallées ou les montagnes alentour, en attendant de réoccuper le terrain quand le rapport des forces sera moins disproportionné. Cela se passe ainsi depuis le début de la guerre en Afghanistan, et plus les Occidentaux envoient d'hommes sur le terrain, plus la défaite de ceux qui s'opposent à eux semble s'éloigner.

Annoncer les prochaines attaques correspond à la nouvelle stratégie américaine, qui dit vouloir protéger la population et non pas chercher à éliminer tous les rebelles, ce que de toute façon les troupes d'occupation ne réussissent pas à faire malgré l'importance de leurs moyens militaires. Il s'agit désormais de prendre position dans des endroits clés et d'y rester. Mais si les troupes de l'Otan ont réussi, au prix d'un envoi massif d'hommes, à enfoncer un coin dans ce territoire insoumis, rien ne dit cependant combien de temps ils vont pouvoir y rester, ni surtout s'ils vont réussir à « gagner les coeurs et les esprits » de la population afghane, comme l'avait déclaré Obama en juillet dernier. Car c'est le contraire qui se produit au fur et à mesure que la guerre se prolonge.

Selon une étude récente d'un organisme indépendant américain, le « Center for Strategic and International Studies », les forces de l'Otan réussissent à remporter quelques victoires tactiques sans importance essentielle, leur présence est de plus en plus rejetée par la population afghane. D'abord parce que celle-ci est trop souvent victime de « dommages collatéraux », la mort des douze civils au cours de la dernière offensive est là pour le rappeler. Ensuite leur présence, loin de protéger les Afghans, les expose encore plus à l'insécurité et aux violences des insurgés. Par ailleurs, les promesses d'aide humanitaire sont restées lettre morte et la population afghane voit au contraire sa situation se dégrader encore plus du fait de la guerre et de l'occupation du pays par des armées sensées la « libérer ».

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