SNCF : Des TGV oui, pourvu que ça rapporte21/01/20102010Journal/medias/journalnumero/images/2010/01/une2164.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

SNCF : Des TGV oui, pourvu que ça rapporte

Le journal Les Échos a annoncé le 18 janvier que la SNCF envisageait de supprimer certaines dessertes TGV considérées comme déficitaires ou d'en réduire la fréquence, entre autres les liaisons Paris-Arras, Lille-Strasbourg, Bordeaux-Strasbourg et Nantes-Strasbourg.

La SNCF a immédiatement protesté mais son démenti a des allures de confirmation hypocrite. Ainsi s'il n'y a pas de plan précis de suppression de dessertes, il faudra adapter l'offre à la demande... De plus dans le projet de budget 2010 de la SNCF, présenté le 20 janvier et que l'AFP s'est procuré, on peut lire que « la branche voyages SNCF prévoit d'engager une refonte plus profonde à compter du service 2011, en particulier sur les relations Paris-Arras, Nord-Est et Est-Atlantique », ce qui revient à confirmer l'annonce des Échos. Enfin la direction de la SNCF ne cesse de pleurer sur une branche TGV, dont la rentabilité s'effondrerait, crise oblige, le taux de marge opérationnelle étant tombé à 10,2 % contre 20,1 % il y a deux ans. Mais avec 10,2 % les TGV restent quand même rentables et les usagers en savent quelque chose, quand on voit les prix des billets et la dernière augmentation de 1,9 % en 2010 !

Ces déclarations sont tellement ambiguës que le secrétaire d'État aux Transports, Dominique Bussereau, a jugé le 19 janvier que le démenti de la SNCF était « un peu mou » et il y est allé de son propre démenti.

Mais Bussereau pas plus que la SNCF n'auront convaincu les élus locaux des régions concernées, dont la Lorraine et l'Alsace, qui ont violemment protesté rappelant que leurs Régions avaient largement contribué au financement du TGV Est, le président de la région Lorraine allant même jusqu'à menacer de ne pas verser les 120 millions d'euros promis pour terminer la ligne Paris-Strasbourg.

La SNCF n'hésite pas à dépenser des millions d'euros en campagnes publicitaires sur l'intérêt écologique de prendre le train, mais elle veut surtout des TGV qui rapportent. Sinon, les usagers n'ont qu'à prendre... la voiture.

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