Polémique sur les minarets : Quand Sarkozy prêche pour le respect09/12/20092009Journal/medias/journalnumero/images/2009/12/une2158.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Polémique sur les minarets : Quand Sarkozy prêche pour le respect

Mardi 8 décembre, le président de la République s'est offert une longue tribune dans le quotidien Le Monde pour reprendre la balle au bond après la polémique déclenchée par le vote d'une majorité des électeurs suisses contre la construction de nouveaux minarets sur leur territoire.

Mais cela débute mal... Sarkozy commence par affirmer qu'il faut comprendre les opposants suisses aux minarets. Et d'écrire, concernant les réactions suscitées contre ce vote : « Derrière la violence de ces prises de position, se cache en réalité une méfiance viscérale contre tout ce qui vient du peuple. » Et le voici qui en appelle à l'écoute des « cris du peuple », de « ses difficultés, ses sentiments et ses aspirations ».

Mais sur quoi Sarkozy propose-t-il d'écouter le peuple ? Sur les bas salaires et le chômage, sur la misère grandissante de ceux qui n'ont même plus le droit de travailler pour vivre, sur l'angoisse de ceux qui certes travaillent mais vivent mal et ne sont même pas sûrs de pouvoir continuer à le faire demain ? Non, Sarkozy ne discute que de ceux qui ne supportent pas les minarets dans le paysage et fait passer ces réactions xénophobes pour une confrontation entre religions.

Il interpelle ses « compatriotes musulmans », glorifie « la civilisation chrétienne », rappelle à l'ordre « l'islam de France », et adjure « chrétien, juif ou musulman, homme de foi quelle que soit sa foi, croyant quelle que soit sa croyance » à pratiquer sa foi avec discrétion et respect de l'autre... ce qui n'est pas vraiment le cas de l'Église catholique avec ses clochers, cloches et autres processions. Comme si, en cette période de crise, le principal problème était celui de l'appartenance religieuse ! Et évidemment, les athées n'existent même pas dans l'entendement de Sakozy. Apparemment, ils n'ont même pas droit au « respect ».

Et il faut être un sacré faux-jeton pour conclure, comme le fait le président, sur la nécessité de la tolérance, alors qu'il est l'initiateur du débat malodorant sur l'identité nationale. Un débat qu'il a lancé en surfant sur les préjugés les plus crasseux et les a-priori xénophobes dans l'espoir que cela lui profiterait, lui apporterait quelques voix de plus. Maintenant qu'il craint que cela ait placé un tapis sous les pas du Front National ou d'un de ses semblables, il tente de jouer les rassembleurs.

Il reste une chose qu'on peut tirer du prêche de Sarkozy, de ses propres déclarations au Monde : « Ce mépris du peuple, car c'est une forme de mépris, finit toujours mal. »

Partager