Tunisie : Après la fraude, la répression04/11/20092009Journal/medias/journalnumero/images/2009/11/une2153.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans le monde

Tunisie : Après la fraude, la répression

Le journaliste tunisien Taoufik Ben Brik, fondateur du Conseil national pour les libertés en Tunisie, a été arrêté et emprisonné le 29 octobre, deux heures après une interview à la BBC ; il risque plusieurs années de prison. La veille, un autre journaliste, Slim Boukhdir, avait été enlevé et passé à tabac par des inconnus en civil. Des inconnus avaient également tenté à plusieurs reprises de forcer la porte de l'appartement d'un autre journaliste, correspondant d'un journal arabe basé à Londres, Mouldi Zouabi.

Ben Ali avait annoncé que la loi serait appliquée contre quiconque émettrait « des accusations ou des doutes concernant l'intégrité de l'opération électorale, sans fournir de preuves concrètes ». Avant le scrutin, il avait fait expulser la journaliste du Monde pour « malveillance patente à l'égard de la Tunisie ». Après sa réélection, à « seulement » 89,62 % des suffrages, il a tenu parole.

Le régime dictatorial du président tunisien fait condamner les opposants, ceux qui luttent pour davantage de justice sociale. Il a jeté en prison les grévistes de Gafsa. Il réduit la presse au silence. Mais Sarkozy lui a envoyé ses félicitations et Éric Raoult, maire UMP du Raincy et membre du groupe parlementaire d'amitiés franco-tunisiennes, a récemment déclaré à Radio berbère qu'il se réjouissait de cette élection en Tunisie, car c'est un « pays ami de la France et stable ».

C'est sûr, rien ne vaut la « stabilité », quand on veut faire des affaires entre « amis ».

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