Réforme des collectivités territoriales : Majorités fabriquées28/10/20092009Journal/medias/journalnumero/images/2009/10/une2152.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Réforme des collectivités territoriales : Majorités fabriquées

Pendant qu'ils y étaient, Sarkozy et l'UMP se sont arrangés pour régler le problème de la place, trop importante à leur goût dans les assemblées locales des représentants de l'opposition, PS et PCF.

La loi de 2003 avait déjà réduit, voire éliminé toute présence de l'extrême gauche dans les Conseils régionaux. Avec la réforme, les conseillers territoriaux, au nombre de 3 200, qui seraient élus en lieu et place des conseillers généraux et régionaux actuels, le seraient avec un nouveau calcul. 80 % d'entre eux seraient élus au scrutin majoritaire à un tour, dans de nouveaux cantons dessinés par le gouvernement. Il suffirait ainsi à un candidat d'arriver en tête de tous les autres candidats, avec 30 ou même 25 % des voix, pour rafler le siège. Grâce à ce système, fait sur mesure, l'UMP pourrait pratiquement remporter les élections dans chaque nouveau canton, face à une gauche qui pourrait être pourtant largement majoritaire, mais avec des voix réparties sur plusieurs candidats. Et c'est ainsi que l'UMP pourrait se retrouver à diriger toutes les régions et les départements, tout en étant minoritaire. Le projet de loi ne concède que 20 % des postes qui seraient répartis à la proportionnelle sur la base des départements, ce qui permettrait qu'il reste quelques élus à l'opposition, mais très minoritaires.

Il faut ajouter à cela les regroupements de communes qui seront décidés par les préfets, qui n'oublieront pas de chercher ainsi à construire des majorités politiques et sociologiques appropriées. Une hégémonie bien calculée, digne des républiques bananières.

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