France Télécom : Après un 24e suicide en 18 mois, une colère plus que justifiée01/10/20092009Journal/medias/journalnumero/images/2009/10/une2148.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

France Télécom : Après un 24e suicide en 18 mois, une colère plus que justifiée

C'est par des huées que le PDG de France Télécom, Didier Lombard, a été accueilli à Annecy le 28 septembre par une centaine de travailleurs de la plate-forme d'appels France Télécom qui venaient de connaître le suicide d'un des leurs. Celui-ci il y a deux mois avait connu une mutation forcée vers cette plate-forme de vente par téléphone où « on a la pression sur des objectifs commerciaux ».

Chacun est surveillé sur le nombre d'appels dans l'heure, le temps qu'il reste en communication, le temps de pause, le nombre de mails qu'il doit saisir chaque jour. Bref, c'est une situation insupportable, que connaissent aussi bien des travailleurs d'autres secteurs et qui ne peut provoquer que de l'indignation et de la colère, attisée par les propos doucereux du PDG : « C'est un événement dramatique qui m'émeut profondément », a-t-il déclaré, avant d'ajouter : « La famille de France Télécom est touchée. » Comme s'il y avait quelque chose de commun entre celles et ceux qui viennent au travail pour gagner leur vie et une direction qui les pressure !

Trois jours plus tôt, lors du séminaire annuel de l'état-major de France Télécom, dans un luxueux hôtel de la forêt de Chantilly, le PDG avait tenu un tout autre langage, comme l'a rapporté Le Parisien : « J'ai été un peu trop transparent (sur les évolutions nécessaires), j'ai injecté un peu trop d'incertitudes dans le système et ce n'était sûrement pas une bonne idée. » D'où la décision, désormais, « d'être un tout petit peu moins transparent », et de « ne pas envoyer un message anxiogène si on ne dit pas quand, comment, pourquoi » les choses se dérouleront pour les salariés. À propos des suicides, le PDG avait ajouté : « Il est probable qu'il y en aura d'autres. »

Ce n'est pas seulement du cynisme, signé d'un Didier Lombard. Son successeur, déjà désigné par le gouvernement pour le remplacer d'ici quelque temps, est Stéphane Richard, actuel bras droit de la ministre des Finances Christine Lagarde, après une carrière à Veolia. C'est lui aussi un homme du grand capital.

Il est à souhaiter que la réaction des salariés de France Télécom d'Annecy soit le prélude à une réaction collective des salariés. « Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent », disait déjà Victor Hugo.

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