Après la destruction de la «jungle» de Calais, liberté de circulation pour les réfugiés !01/10/20092009Journal/medias/journalnumero/images/2009/10/une2148.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Après la destruction de la «jungle» de Calais, liberté de circulation pour les réfugiés !

Parmi les 278 migrants interpellés, le 22 septembre, dans la « jungle » de Calais sur ordre d'Éric Besson, 138 adultes ont été aussitôt enfermés dans des centres de rétention administrative (CRA). Comme ce sont essentiellement des réfugiés afghans, le gouvernement a envisagé de les expulser vers leur pays à bord d'un des charters décollant régulièrement de Grande-Bretagne. Les 130 mineurs, eux, ne sont pas légalement expulsables.

Mais en une semaine 95 des menacés d'expulsion ont été remis en liberté par les juges et d'autres libérations devraient suivre. En effet les réfugiés ont tout de même encore quelques droits en France.

Leur brutale arrestation, les longs transferts pour les disperser dans neuf CRA, le plus loin possible de Calais (Marseille, Toulouse, Nîmes, Rennes, etc.), les ont empêchés d'exercer des recours juridiques dans les délais impartis. La Cimade, qui a encore pu les assister dans tous les CRA, se félicite de ces libérations. Libérations que regrette Éric Besson dans un communiqué sur le site de son ministère de l'Immigration, où il écrit : « Tout en restant parfaitement respectueux de l'indépendance des juridictions, il n'est pas interdit de constater que certaines d'entre elles libèrent quasi systématiquement les étrangers en situation irrégulière qui leur sont présentés. »

Cependant, dans son communiqué, Besson proclame que son opération a été un succès : « L'objectif, qui était de détruire un campement insalubre et une plaque tournante des filières clandestines à destination de l'Angleterre, est atteint. » Mais si l'on a détruit un campement insalubre, maintenant les réfugiés sont dispersés dans des dizaines de petits camps dans tout le Calaisis, où ils survivent dans des conditions sanitaires et de misère encore plus déplorables que dans la « jungle », loin des aides que les associations humanitaires leur apportaient. Mais peut-être l'opération de Besson avait-elle, entre autres, ce but non affiché de briser les liens de solidarité avec ces réfugiés...

Besson prétend protéger ainsi les migrants des filières de passeurs. Mais en fait, en les précarisant davantage, en continuant comme ces jours-ci d'envoyer des CRS détruire leurs cabanes pour les isoler en les coupant des associations et de toutes les aides, le gouvernement les met encore plus à la merci des filières mafieuses.

Les réfugiés fuyant les guerres et les persécutions devraient être accueillis dignement en France et pouvoir bénéficier du statut de réfugié. 170 réfugiés afghans et irakiens de Calais ont déposé cette demande cette année, mais seulement quelques dizaines ont été acceptées. Et la répression policière qu'ils subissent les dissuade de demander une protection à l'État.

Ces réfugiés, dont les familles vivent souvent en Grande-Bretagne, doivent avoir le droit de les rejoindre librement. Combien faudra-t-il encore de drames et de morts avant d'imposer la liberté de circulation et d'installation pour les réfugiés ?

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