Automobile : Près de 28 500 emplois supprimés en France en huit mois23/09/20092009Journal/medias/journalnumero/images/2009/09/une2147.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Automobile : Près de 28 500 emplois supprimés en France en huit mois

Le secteur français de la construction automobile a déjà supprimé, au cours des huit premiers mois de l'année, 28 479 emplois sur l'ensemble du pays ; d'autres suppressions de postes sont prévues dans les prochains mois.

Sur les 257 000 emplois qui fabriquent les profits de Peugeot-Citroën, Renault, mais aussi des équipementiers comme Michelin, Continental-Shaeffler, Valeo, Faurecia et d'autres, 34 434 postes ont en fait été supprimés depuis le début de 2009, pendant que 5 955 postes seulement étaient créés sur la même période.

Si bien sûr Renault et Peugeot - et sa filiale Faurecia - en ont supprimé le plus grand nombre, respectivement 3 498 et 2 162, la plupart des équipementiers ont également taillé dans leurs effectifs. Pour ne citer que les plus connus, Michelin a supprimé 1 919 emplois sur l'ensemble de ses usines, le groupe Continental-Shaeffler en a supprimé 1 320, dont 1 120 à l'usine de Clairoix dans l'Oise, Valeo en a supprimé 1 131, dont 260 sur le site de Nogent-le-Rotrou, et une dizaine d'autres équipementiers, comme Wagon Automotive, Autoliv, Trèves et GMD, ont également annoncé des plans de 300 à 400 suppressions de postes chacun. Pour l'ensemble de la filière, c'est plus de 308 plans de suppressions d'emplois qui ont été annoncés.

À noter d'ailleurs que, sur ce total de 34 434 postes supprimés, les délocalisations ne représentent que 4 856 postes perdus, soit 14 % du total, contre 42 % pour les réductions d'effectifs, parfois consécutives à une reprise, et 27 % qui résultent de fermetures de sites.

Le pire est certainement encore à venir puisque de nouvelles coupes ont été annoncées, comme Michelin qui a prévu de supprimer 3 500 emplois d'ici 2011, ou Faurecia qui en a annoncé 1 215 sur trois ans, dont 700 en 2009.

Sans compter qu'en dehors de ces groupes industriels, plusieurs entreprises de sous-traitance qui fournissent les pièces ou les matières premières aux équipementiers ou aux constructeurs ont déjà annoncé, pour l'automne, de probables difficultés de trésorerie qui pourraient à leurs yeux justifier de nouvelles suppressions d'effectifs. Car le secteur de la sous-traitance, qui compte près de 400 000 emplois, comprend des entreprises petites et moyennes et qui sont d'autant plus affectées par la crise qu'elles peinent souvent à obtenir du crédit de la part des banques.

Les entreprises de l'automobile, dont certaines figurent parmi les plus prospères du pays, ont profité de la crise pour alléger considérablement la masse salariale, en recourant pendant des mois au chômage partiel, en mettant fin à des milliers de contrats d'intérim, et en supprimant des milliers d'emplois pour préserver leurs profits et se rendre plus compétitives. Dans le même temps, elles sollicitaient également l'État, lui soutirant près de 8 milliards d'euros d'aides.

Quant à se préoccuper de savoir quelles conséquences leur politique aura pour la population dans des régions déjà fortement touchées par le chômage, autant demander du lait à un bouc.

David MAHITH

En Europe, les ventes reprennent, mais l'emploi plonge

Le marché européen des voitures a progressé cet été : les chiffres de l'Association des constructeurs européens d'automobiles précisent que les ventes ont augmenté de 2,4 % en juin par rapport à juin 2008, de 2,8 % en juillet et de 3 % en août. Cela a permis aux constructeurs de limiter leur baisse des ventes à 8 % sur huit mois, comparé à la même période de 2008, cela dans une période de crise où de tels achats sont pour beaucoup reportés.

Les commandes, en particulier de petites voitures, ont été telles en Europe occidentale qu'il fallait bien souvent un délai de plusieurs semaines pour qu'un acheteur puisse entrer en possession de son véhicule. Les aides étatiques, notamment la prime à la casse », auront vraisemblablement permis malgré tout que des dividendes substantiels soient assurés aux actionnaires.

L'autre versant de la statistique, d'ailleurs, ce sont les milliers de suppressions d'emplois annoncées en Europe dans ce secteur. Récemment, Bosch, tout en parlant de « premiers signes d'une reprise », a annoncé 10 000 postes supprimés en Allemagne et la réduction de la durée du travail, pour 100 000 autres salariés. Chez AvtoVAZ, filiale à 25 % de Renault et fabricant des Lada, premier constructeur automobile en Russie, 5 000 suppressions d'emplois « seulement » sont annoncées, après qu'un bruit de 36 000 a couru de la part d'une source ministérielle.

L'équipementier canadien Magna, enfin, prévoit de liquider plus d'un cinquième des emplois européens chez Opel et Vauxhall, dont il doit racheter 55 % des parts déte¬nues par General Motors. Sur ces 10 500 emplois liquidés, 4 000 se situeraient en Allemagne et le site d'Anvers fermerait purement et simplement, avec les conséquences que cela entraînerait chez les sous-traitants.

Ces sombres projets ne tiennent évidemment pas compte d'une variable : la colère des salariés concernés... et de tous les autres.

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