Éducation nationale : Des discours loin de la réalité02/09/20092009Journal/medias/journalnumero/images/2009/09/une2144.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Éducation nationale : Des discours loin de la réalité

En cette rentrée scolaire, 13 500 postes d'enseignants sont supprimés et 16 000 autres postes doivent disparaître l'an prochain. Cela n'a pas empêché le ministre Luc Chatel d'affirmer lors de sa conférence de presse de rentrée qu'il faut « investir » dans l'éducation.

D'après lui, la crise économique actuelle « révèle le besoin d'éducation. Ce sont les pays qui investiront dans leur éducation qui s'en sortiront le mieux ». Comme si le gouvernement prenait en compte ce « besoin d'éducation » ! Il n'y a qu'à voir comment le bac professionnel, auquel quatre années d'études étaient consacrées, doit se préparer désormais en trois ans ! Et que veut dire investir dans l'éducation alors qu'il y aura de moins en moins d'enseignants ? De 2007 à 2010, 6 % des effectifs enseignants auront été supprimés ! Mais le ministre n'est pas gêné et ose même affirmer que la rentrée se fait à « taux d'encadrement constant », avançant des chiffres contestables : un professeur pour 11,6 dans le secondaire, pour 25 élèves en maternelle et pour 22 en école élémentaire. Or, à cette rentrée, 17 000 élèves de plus sont attendus dans les écoles mais seulement 500 postes supplémentaires d'instituteurs sont prévus. Quant à la scolarisation des enfants de deux ans, elle ne cesse de régresser et s'établit aujourd'hui à 18,4 % contre 36 % en 2000.

Toutes ces économies sur le personnel, tant d'enseignement que de surveillance, se traduisent soit par une réduction des temps d'apprentissage pour les élèves, soit par une moindre variété des options qui leur sont proposées. Le personnel a de moins en moins la possibilité de s'occuper de chacun de ses élèves et de venir en aide à ceux qui sont en difficulté. Comme on peut s'en douter, les enfants des milieux populaires, pour lesquels l'école constitue le principal lieu d'acquisition de connaissances, subissent les conséquences les plus néfastes. Chatel continue de claironner que son principal « défi » est « que chacun ait sa chance ». Sa déclaration selon laquelle « l'Éducation nationale doit être un réducteur d'inégalités » a peu de chance de faire oublier aux enseignants et aux parents d'élèves sa politique qui, bien au contraire, les creuse.

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