Pôle Emploi : Situation dramatique pour les chômeurs... aubaine pour d'autres22/07/20092009Journal/medias/journalnumero/images/2009/07/une2138.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Pôle Emploi : Situation dramatique pour les chômeurs... aubaine pour d'autres

En plus d'avoir à encaisser le drame du licenciement, les chômeurs doivent aussi affronter en ce moment l'engorgement du Pôle Emploi. Depuis la fusion ANPE-Assedic, imposé par le gouvernement depuis le 1er janvier, c'est lui qui a mission de prendre en charge en totalité les demandeurs d'emploi.

Des dizaines de milliers de chômeurs attendent d'être convoqués et, pire, sont souvent en attente de recevoir leurs allocations. 60 000 dossiers seraient ainsi en souffrance. Les agents se retrouvent à devoir gérer chacun 150 dossiers, c'est-à-dire mission impossible.

En fait, cette fusion ANPE-Assedic, qui visait à faire des économies de personnels et de moyens et qui avait également pour but de faire la chasse aux chômeurs, a abouti à un embouteillage général. Car, ce qui caractérise la période, c'est l'explosion du chômage. D'abord celui des plus fragiles, salariés en contrats à durée déterminée et en intérim, suivis depuis des mois par tous les autres avec une augmentation exponentielle des licenciements économiques sous toutes les formes. Réduire les moyens pour faire face à cette déferlante des licenciements, cela ne pouvait qu'aboutir à la catastrophe actuelle.

Alors, les ministres montent au créneau. Le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, le secrétaire à l'Emploi, Laurent Wauquiez, tous sont bien obligés de reconnaître la situation actuelle, et tous promettent d'y remédier... bientôt. Si, tiennent-ils prudemment à préciser, il n'y pas une nouvelle augmentation des licenciements.

Des moyens supplémentaires ? Non ! Simplement la promesse d'une « meilleure organisation ».

Il y a une seule catégorie qui pourrait voire sa situation s'améliorer, ce sont les officines de placements qui fleurissent à l'occasion du déferlement des plans sociaux, où elles sont appelées en renfort par les entreprises. Également les sociétés d'intérim qui, faute de clients, se reconvertissent sur ce créneau. Ce sont 100 millions d'euros que le Pôle Emploi pourrait leur allouer d'ici 2011, avec l'argent des cotisations des salariés, pour s'occuper de 320 000 demandeurs d'em¬plois. On peut être sceptique sur le résultat, mais certain pour l'attribution des fonds à ces sociétés.

Mais le problème n'est pas de savoir comment on va faire semblant de prendre en charge les chômeurs, mais bien d'arrêter l'augmentation continue de leur nombre. Et pour cela, il ne s'agit pas de « problème d'organisation », mais de s'attaquer radicalement au droit des entrepreneurs de jeter leurs salariés à la rue.

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