Maîtres-chiens sans papiers : Qu'attend la SNCF pour les embaucher ?16/07/20092009Journal/medias/journalnumero/images/2009/07/une2137.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Maîtres-chiens sans papiers : Qu'attend la SNCF pour les embaucher ?

Pour accomplir certaines tâches (nettoyage des gares, des trains, restauration en ligne, gardiennage), la SNCF sous-traite, depuis plus ou moins longtemps, à des sociétés privées.

Ces sous-traitants, nombreux et variés, lui permettent de passer des contrats au pied levé, d'une semaine ou plusieurs mois, en toute irresponsabilité. Une fois le contrat passé, à moindre coût bien sûr, les conditions de salaires, d'embauches, de travail, des ouvriers des sociétés sous-traitantes ne sont pas son affaire. Elle ne veut pas savoir.

C'est ainsi que depuis quatre ans, dans le cadre d'une politique dite « d'humanisation des gares », la SNCF a engagé environ 150 maîtres-chiens pour assurer une présence sécuritaire sur les quais de la région parisienne, via des sociétés comme Vigimark.

Vigimark exploite sans vergogne des travailleurs sans papiers. Ils enchaînent des semaines de surveillance sans journée de repos, avec fréquemment 16 heures de travail ininterrompues (de 19 heures à 2 heures du matin dans une gare, puis de 2 heures à 12 heures 30 dans une autre), parfois sans aucun contrat de travail ni fiche de paie. C'est le cas en particulier de 150 d'entre eux, dans les gares Saint-Lazare et des lignes C et D du RER.

Pourtant, depuis juin, avec l'appui du syndicat Sud-Rail, 37 d'entre eux ont manifesté et se sont mobilisés, afin de réclamer la régularisation de leur situation, voire leur embauche directe par la SNCF. Ainsi qu'ils le disent eux-mêmes : « Travailleurs du rail depuis des années, nous sommes des cheminots ».

Pour l'instant, d'après le ministère de l'Immigration, une vingtaine de ces travailleurs pourraient être régularisés. C'est très loin du compte. Par leur mobilisation et avec la solidarité des cheminots qui doit leur être acquise, ces travailleurs sans-papiers devraient réussir à faire plier ministère et direction SNCF.

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