Guadeloupe : Après la grève générale, la lutte des travailleurs pour l'application de l'accord Bino sur les 200 euros18/03/20092009Journal/medias/journalnumero/images/2009/03/une2120.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans le monde

Guadeloupe : Après la grève générale, la lutte des travailleurs pour l'application de l'accord Bino sur les 200 euros

En Guadeloupe, la lutte pour l'application de l'accord Jacques Bino (du nom du militant de la CGTG tué sur un barrage au cours de la grève générale) sur les 200 euros, non signé par le Medef, se poursuit avec succès dans un certain nombre d'entreprises, notamment dans la grande distribution et l'hôtellerie.

La plupart des patrons récalcitrants, sous la pression des grèves ou de menaces de grève finissent par signer l'accord jour après jour. C'est le cas dans les magasins Leader Price, Carrefour-Milenis, Promo Cash, Champion, Super U, Match, ainsi que dans les hôtels Novotel, Marissol, Salako, Clipper, Prao, Arawak, la Vieille Tour, dans les casinos du Gosier et de Saint-François (du groupe Yves Hayot), dans les McDonald's (soit plus de mille salariés pour l'instant dans les entreprises de l'hôtellerie et de la restauration).

La fédération patronale Medef du bâtiment a signé. Les patrons des entreprises du groupe Bernard Hayot : SGDM (Audi, Mercedes, Mitsubishi, Seat) ont signé en fin de semaine dernière, ainsi que Cama-Renault, Toyota, et le groupe Blandin (Mazda, Honda).

Dans toutes ces entreprises, les patrons ont signé l'accord sans son préambule les accusant « de perpétuer le système d'économie de plantation et de s'appuyer sur des rentes de situation qui génèrent des injustices »...

À Carrefour Baie-Mahault par contre, et dans certains hôtels, les travailleurs sont toujours en grève pour l'application de l'accord. Mais la tendance générale est à l'application de cet accord, partout et ce malgré les déclarations et les pleurnicheries de Willy Angèle, représentant local du Medef. Les travailleurs ne se laissent pas faire, surtout dans l'hôtellerie où Vion, patron de combat et particulièrement méprisant à l'égard des travailleurs, ne veut rien céder pour l'instant dans quelques hôtels. Il sera bien obligé de le faire, s'il veut que le travail reprenne et que ce ne soit pas lui qui continue à laver le linge des rares clients...

À l'usine sucrière de Gardel-au-Moule, les travailleurs ont repris le travail après avoir obtenu la signature de l'accord sur les 200 euros, mais sans avoir obtenu le paiement des jours de grève. Il faut dire que la récolte sucrière doit démarrer et la pression des petits planteurs de canne ne voulant pas perdre le produit de leur récolte a joué. Mais les travailleurs entendent continuer à mettre la pression pour le paiement des jours de grève, même après la reprise du travail.

Concernant ce paiement des jours de grève, d'une manière générale, les pressions des travailleurs sur les patrons et les discussions se poursuivent dans les entreprises, même après la reprise du travail, et souvent à la faveur des NAO (négociations annuelles obligatoires). Autant dire que, même là où le travail a repris, la combativité demeure dans les entreprises, où règne une vive tension entre patrons et salariés.

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