Baisse de la TVA : 1 milliard pour les restaurateurs... et pas grand-chose pour les salariés et les clients18/03/20092009Journal/medias/journalnumero/images/2009/03/une2120.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Baisse de la TVA : 1 milliard pour les restaurateurs... et pas grand-chose pour les salariés et les clients

Lundi 16 mars, Sarkozy a annoncé que le taux de la TVA dans le secteur de la restauration sera abaissé à 5,5 %, alors qu'il est aujourd'hui de 19,6 %. Ce nouveau taux, qui correspond à celui appliqué pour la vente à emporter, serait appliqué dès 2010.

C'est donc une promesse électorale de Chirac vieille de treize ans que Sarkozy va tenir, après qu'il a convaincu ses partenaires européens, peu enclins à accepter d'appliquer les promesses de Chirac puis les siennes.

Le problème étant apparemment réglé à Bruxelles, Sarkozy se fait fort maintenant d'obtenir des garanties de la part des restaurateurs qui vont bénéficier de la nouvelle TVA. D'après Woerth, le ministre du Budget, celle-ci créera un « trou » d'un milliard dans les recettes fiscales de l'État et Henri Guaino, conseiller spécial de Sarkozy, a expliqué au journal Les Échos qu'il fallait que « la profession prenne des engagements forts sur les prix et sur l'emploi » et ce avant la fin avril. Pour lui, ce serait même « une question de crédibilité de la parole politique » ! Christine Lagarde, la ministre de l'Économie, fait mine de menacer en laissant croire que le taux réduit de la TVA ne serait fixé à 5,5 % que si la profession fait des efforts.

Mais les quelque 112 000 restaurateurs, 24 000 hôteliers et 41 000 gérants de café ne semblent pas craindre grand-chose d'une Christine Lagarde. Alors que les grands de la restauration faisaient miroiter des milliers d'embauches pour obtenir cette baisse de la TVA, le langage change maintenant qu'ils l'ont obtenue. Leurs syndicats expliquent qu'avec la crise, ils ne peuvent tout au plus que maintenir les 880 000 emplois du secteur et qu'il n'est plus question d'embaucher des milliers de personnes. Quant à répercuter la baisse de la TVA sur les prix, ce qui permettrait de baisser le petit noir ou le plat du jour de près de 15 % quand même, là aussi ils se font discrets.

Ce milliard d'euros risque donc de finir surtout dans leurs poches, en même temps qu'ils feront celles de leurs clients !

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