Des collégiens tabassés par des CRS, gare Montparnasse, à Paris : Alliot-Marie en rend les professeurs responsables13/03/20092009Journal/medias/journalnumero/images/2009/03/une2119.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Des collégiens tabassés par des CRS, gare Montparnasse, à Paris : Alliot-Marie en rend les professeurs responsables

Alors qu'ils s'apprêtaient à prendre leur train pour rentrer chez eux, des collégiens de Cenon, près de Bordeaux, ont été pourchassés par des CRS dans la gare Montparnasse, à Paris, et frappés à coups de matraques et de boucliers.

Jeudi 5 mars, ils étaient venus passer une journée touristique dans la capitale, où ils avaient visité l'Assemblée nationale, le Louvre et la Tour Eiffel. Mais ils ne s'attendaient pas à clôturer leur visite par une rencontre musclée avec les forces dites « de sécurité ». À l'heure où ils étaient dans la gare, une manifestation d'étudiants venait de se terminer à l'extérieur et les étudiants se dispersaient en chantant. Et bien que la gare ait été pleine de monde, les CRS n'ont pas hésité à charger pour faire cesser ce qu'ils jugeaient être un désordre intolérable, et les collégiens, parce qu'ils étaient jeunes, ont été pris pour cibles.

Une dizaine d'entre eux ont été contusionnés et une de leurs enseignantes a subi une entorse des vertèbres cervicales. Ils ont porté plainte. Mais pour Alliot-Marie, la ministre de l'Intérieur, la faute en incomberait... aux professeurs ! « Je suis moi-même enseignante de formation, a-t-elle déclaré lundi 9 mars ; quand on a la charge d'un certain nombre de jeunes, et même de très jeunes, on évite de les mettre dans des lieux où il peut y avoir des manifestations et des mouvements de foule ». Autrement dit, les professeurs n'auraient pas dû venir à Paris, ville où il y a du monde arrivant et repartant en train, dans une gare fréquentée, et à une heure d'affluence qui plus est ! Et ils auraient dû, alors que leur voyage était préparé plusieurs semaines à l'avance, être au courant de toutes les manifestations possibles ce jour-là. Même le plus mauvais des élèves n'oserait pas énoncer une excuse aussi mal ficelée pour se justifier !

En tout cas, ces élèves auront reçu un cours d'éducation civique grandeur nature sur le rôle que le gouvernement demande à la police de jouer : foncer dans le tas quand on voit un groupe de jeunes, a priori suspects.

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