Continental - Clairoix (Oise) Menace de fermeture : Continental et Schaeffler doivent payer13/03/20092009Journal/medias/journalnumero/images/2009/03/une2119.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Continental - Clairoix (Oise) Menace de fermeture : Continental et Schaeffler doivent payer

Le jeudi 5 mars, les 100 travailleurs de l'usine Continental de Clairoix près de Compiègne, reprenaient le travail après plusieurs jours de chômage technique. Le samedi précédent ils avaient appris par la presse que l'usine pourrait fermer. La direction du groupe n'avait alors pas démenti des bruits qu'elle a probablement contribué à faire circuler. Et le jour de la reprise, le directeur, Louis Forzy, déclarait : « La situation économique est telle que tous les scénarios doivent être envisagés. » Mais pour les travailleurs un seul scénario est envisageable : zéro licenciement et le retour des 200 intérimaires licenciés.

La direction n'a fixé la réunion du comité central d'entreprise qu'au lundi 16 mars, se laissant ainsi du temps pour distiller sa propagande mensongère : l'usine serait soi-disant la plus chère du groupe, la production de pneus serait en baisse. Il faudrait faire des économies... sur le dos des travailleurs bien entendu. D'ailleurs Continental a déjà commencé. Les 200 intérimaires qui travaillaient dans l'usine ont été licenciés ces derniers mois, et les jours de chômage partiel font des trous de 200 euros et plus dans la paye.

Durant les jours qui ont suivi l'annonce d'une possible fermeture du site, les travailleurs de l'usine ont pu assister au spectacle des représentants de droite jurant la main sur le coeur qu'ils ne laisseraient jamais faire. Le secrétaire d'État à l'Industrie Luc Chatel, qui rencontrait ainsi les dirigeants de Continental mardi 3 mars, déclarait alors : « On ne peut pas laisser partir comme ça un site de production aussi important. » Le sénateur-maire de Compiègne, Philippe Marini, de son côté déclarait qu'il ferait tout pour éviter la fermeture de l'usine. Ce proche de Nicolas Sarkozy, connu pour avoir remis plusieurs fois un projet de loi contre l'impôt sur la fortune et pour être très proche des patrons locaux, ne se soucie bien évidemment pas de ce que pourraient devenir les travailleurs licenciés. Son problème serait plutôt de ne pas perdre la manne des 1,6 million d'euros de taxe professionnelle que l'agglomération de la région de Compiègne récupère grâce à la présence de l'usine Continental.

Mais les travailleurs savent bien qu'ils ne peuvent certainement pas compter sur des hommes politiques qui soutiennent un gouvernement entièrement au service des patrons. Ils savent aussi que Continental a fait beaucoup de bénéfices sur leur dos toutes ces dernières années : 1 milliard de bénéfices dégagés par Continental en 2007, des centaines de millions encore en 2008. Maria-Élisabeth Schaeffler, la patronne du groupe du même nom, qui a racheté une partie de Continental, devenant ainsi le premier actionnaire, est classée au 104e rang mondial grâce à une fortune personnelle de 8,5 milliards de dollars d'après le journal Forbes.

En 2008, au moment où Continental rachetait VDO Siemens, Schaeffler lançait une OPA sur Continental. La patronne de Schaeffler explique aujourd'hui qu'avec la baisse du cours des actions Continental, son endettement aurait fait un bond. Une chose est certaine, si pertes il y a, les travailleurs n'y sont pour rien. Les actionnaires peuvent et doivent donc payer pour qu'aucun travailleur ne se retrouve sans rien pour vivre.

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