Manque de place dans les crèches : La situation va encore s'aggraver07/01/20092009Journal/medias/journalnumero/images/2009/01/une2110.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Manque de place dans les crèches : La situation va encore s'aggraver

De l'aveu même d'une député UMP, il manque actuellement entre 300 000 et 400 000 places en crèche. Et comme, ces dernières années, le nombre de naissances dépasse 800 000 par an, la situation ne peut qu'empirer si rien n'est fait.

Le 26 novembre dernier devant le congrès des maires de France, Nadine Morano, la secrétaire d'État chargée de la famille, s'était engagée à créer d'ici 2012 ces places de crèches manquantes. Or, à peine plus d'un mois plus tard, elle est revenue sur cette promesse. Pour accueillir les tout-petits, elle propose maintenant " la voie de l'assouplissement des normes et celle de l'optimisation de l'existant ".

En clair, cela veut dire augmenter le nombre d'enfants dans les crèches qui existent déjà, sans agrandir l'espace ni augmenter le nombre d'assistantes maternelles. Selon le projet de loi de financement de la Sécurité sociale, chacune peut maintenant prendre quatre enfants en charge au lieu de trois, ce qui amène à la fois une surcharge de travail pour les assistantes maternelles et une dégradation dans l'accueil des enfants.

Une autre piste évoquée par Nadine Morano serait de faire de la place dans les crèches en mettant les enfants de deux à trois ans dans des " jardins d'éveils " qui seraient installés dans les locaux existants, crèches ou écoles. Ce n'est sûrement pas un hasard si elle rejoint une proposition émise par Darcos qui, s'en prenant aux écoles maternelles, a parlé de mettre les enfants de cet âge dans ce type de structure. Mais à la différence des écoles, ces jardins d'éveil seraient payants !

Le manque de places en crèche est un handicap pour les femmes qui travaillent, encore plus pour celles des milieux populaires qui, lorsqu'elles font leurs comptes et constatent que la majeure partie de leur salaire passe en frais de nourrice ou de garderie, choisissent par force de rester chez elles pour s'occuper de leurs enfants. Le résultat est de les exclure pour un temps de la vie sociale, et de diminuer leurs perspectives de retrouver plus tard un emploi, et encore plus un emploi qualifié. Le désengagement de l'État dans la prise en charge des jeunes enfants accentue les inégalités entre hommes et femmes, et parmi ces dernières, entre femmes des milieux aisés et celles des classes populaires.

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