Chaffoteaux - Saint-Brieuc : Nouvelle saignée dans les effectifs !22/10/20082008Journal/medias/journalnumero/images/2008/10/une2099.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Chaffoteaux - Saint-Brieuc : Nouvelle saignée dans les effectifs !

L'usine Chaffoteaux de Saint-Brieuc-Ploufragan compte encore 390 salariés à l'effectif, mais dans quelques jours 61 auront quitté l'usine, première vague d'un plan qui va toucher 125 salariés au total.

La direction du groupe Merloni, actuel propriétaire de l'usine de fabrication de chaudières à gaz située à Ploufragan, a engagé ce plan de suppressions d'emplois au retour des vacances d'été. Elle justifiait alors cette nouvelle réduction des effectifs par la disparition des ateliers de fabrication. En effet dans quelques semaines il ne restera plus que deux ateliers d'assemblage de chaudières et de chauffe-eau. Par ailleurs, la direction a décidé de vendre l'ensemble des locaux de l'entreprise, soit plus de 55 000 m2 couverts, pour ne devenir locataire que de 15 000 m2 nécessaires aux chaînes d'assemblage et de stockage des produits finis.

Beaucoup de travailleurs pensent que l'usine va fermer et que l'avenir est incertain.

La direction a donc pu trouver 125 volontaires au départ, alors que les conditions financières proposées sont très faibles. En plus des indemnités légales de licenciement, le groupe Merloni a proposé des primes complémentaires variant de 1 000 à 10 000 euros. Ce plan, qui va toucher près de 100 ouvriers, concerne des jeunes et des anciens qui pourront bénéficier dans quelque temps d'une préretraite amiante, après quelques mois de chômage.

La direction a tout fait pour obtenir des volontaires, tout en refusant de communiquer le nombre de départs souhaités. Elle s'est par ailleurs refusée à s'engager à ce qu'il n'y ait pas de licenciement durant la durée de ce plan de départs volontaires, c'est-à-dire jusqu'en juillet 2009. Autant dire qu'elle veut avoir les mains libres pour faire ce qu'elle veut.

Les conditions de travail se sont beaucoup dégradées ces derniers mois. Les horaires ont été modifiés et tout le personnel ouvrier travaille désormais en équipes, commence plus tôt et finit plus tard chaque jour. Deux pauses de deux fois dix minutes ont été supprimées et les cadences de travail augmentées d'autant. La direction met la pression en permanence et plus de 10 % du personnel est en arrêt maladie.

Bien sûr, les salariés ne sont pas restés sans réaction. Plusieurs débrayages se sont produits, les derniers ont eu lieu le 16 octobre, quand la direction a voulu imposer des heures supplémentaires obligatoires et l'allongement des horaires pendant les deux semaines des vacances scolaires de la Toussaint. Les travailleurs n'ont pas hésité à envahir une réunion du Comité d'entreprise où la direction et les représentants du personnel discutaient des modifications d'horaires. Plusieurs ont crié leur ras-le-bol au directeur et dit qu'ils ne comprenaient pas que l'on puisse supprimer des emplois, alors que le carnet de commandes est plein et qu'il y a en permanence des intérimaires.

Devant cette mobilisation, la direction a suspendu les modifications d'horaires prévues. Ce recul a été perçu comme une petite victoire et, même si du fait des premiers départs prévus au 3 novembre prochain nous serons moins nombreux à l'usine, la direction va devoir compter avec nous.

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