ICTS : Contre la grève, la direction met les moyens !30/04/20082008Journal/medias/journalnumero/images/2008/05/une2074.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

ICTS : Contre la grève, la direction met les moyens !

Pour « gréver », comme disent les collègues, « il faut avoir une certaine capacité de résistance avant, pendant et après la grève ». Car la direction ne reste pas les deux pieds dans le même sabot.

Étant donné qu'il faut déposer un préavis de grève cinq jours auparavant, les patrons de toute la sûreté vont mettre leur hiérarchie à contribution pendant ce temps : cela commence par les pressions sur le personnel dès le premier jour : « Tu vas faire grève ? À quoi ça sert... vous n'aurez rien... vous serez licencié... on va perdre le contrat... les délégués sont payés pendant la grève... ».

La hiérarchie va demander des renforts, elle va demander à ceux qui sont en repos de venir ; ADP va organiser les prêts de personnel avec les autres entreprises de sûreté (Brink's, Sécuritas, etc. ). Air France va prévoir le déplacement de ses embarquements sur les autres terminaux (là où les autres entreprises de sûreté n'ont pas appelé à la grève). Le préfet de l'aéroport va s'en mêler ; les RG, la police, tous seront nombreux et prêts à tout faire pour que la grève ne provoque aucune perturbation.

Pour le personnel qui ne fera pas grève, c'est une journée pas ordinaire qui s'annonce : aucun responsable ne sera tatillon avec les procédures ! pas d'amende de la part d'ADP si les postes sont en sous-effectif, l'uniforme n'est plus la règle (surtout quand ce sont les chefs, les formateurs ou les agents qualité qui se mettent au boulot). Ces jours-là, la police de l'air et des frontières (PAF) ne vérifiera pas si tout le monde a son agrément, la bonne formation, la plaque qui permet d'exercer, etc. Même le badge n'a plus l'air d'avoir d'importance, on a même vu des agents avec des badges provisoires (ceux qui servent aux invités) ! On le saura pour la prochaine fois car en temps ordinaire, si on oublie son badge à la maison, il faut retourner le chercher.

Bien sûr, les frais d'avion et d'hôtel pour tous ceux qui viendront travailler de Nice ou de Toulouse seront payés par la maison. Le casse-croûte (que d'habitude on a tout juste le temps de prendre) sera également fourni : sandwiches, pommes, croissants, jus, gratis évidemment. Il a même été prévu, pour le personnel qui ne fait pas grève, de pouvoir venir se garer sous le terminal ; alors que d'habitude les voitures du personnel doivent être parquées à plus de 20 minutes de notre lieu de travail et nous devons prendre ensuite les navettes. Le temps d'une grève, notre revendication est satisfaite... pour les non-grévistes ! Car ce temps passé, qui s'ajoute aux 40 ou 80 km par jour que font certains d'entre nous pour venir sur Roissy, fait l'objet de l'une de nos revendications.

Pendant la grève, pour ceux qui ne la font pas, la pause repas sera d'une heure et il n'y aura pas de problème pour les pauses toilettes : 15 mn (celles où d'habitude on doit attendre plus d'une heure pour s'entendre dire « T'as 3mn »). Enfin les chefs n'ont jamais fait tant de courbettes à ceux qui n'ont pas choisi la grève, on les a même vus sourire...

Alors, après cette démonstration, ce déploiement de moyens et d'organisation, comment ne pas nous conforter dans l'idée que nous avons bien raison de réclamer, pour tous et pour toute l'année, ce qui est fait pendant quelques jours pour ceux qui ne sont pas en grève ?

« Du pognon pour les salaires, pas pour les actionnaires », « solidarité de tous les salariés » ou « tous ensemble, tous ensemble », ces slogans ont été entendus dans tous les terminaux, criés par deux cents grévistes, pendant ces trois jours ; mais ils devront être repris par tous les salariés de la plate-forme de Roissy et le plus vite sera le mieux.

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