Une attaque de plus contre les chômeurs18/04/20082008Journal/medias/journalnumero/images/2008/04/une2072.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Une attaque de plus contre les chômeurs

Le gouvernement a décidé de renforcer les sanctions contre les chômeurs. Il propose de les obliger à accepter au bout de six mois " tout emploi requérant moins de deux heures de transport par jour et rémunéré par exemple au moins 70 % de son salaire antérieur ", sous peine de voir leurs indemnités de chômage diminuées puis supprimées.

Son éternel " argument " est le fait que 500 000 emplois seraient vacants alors qu'il y aurait 1,8 million de chômeurs : deux chiffres aussi fictifs l'un que l'autre. D'abord parce que le nombre de chômeurs est bien plus élevé ; le chiffre officiel néglige tous ceux qui, précaires ou en formation par exemple, donc " non immédiatement disponibles ", demandent tout de même un emploi, un vrai. Ensuite parce que l'ajustement entre l'offre et la demande d'emplois prend toujours un certain délai et que beaucoup de ces places " disponibles " ne le sont pas réellement : elles sont déjà prises par un travailleur en règle ou.... " au noir " ; l'employeur ne va pas crier sur les toits qui il a recruté et dans quelles conditions et l'annonce peut fort bien continuer à " courir "... C'est particulièrement vrai dans les secteurs qu'on nous présente comme déficitaires : le bâtiment et l'hôtellerie.

La seule réalité tangible de cette nouvelle mesure, c'est la volonté de réduire puis de supprimer les indemnités de chômage et de faire ainsi pression sur les salaires de tous. Le gouvernement veut rendre les salariés le plus flexibles possible ; et tant pis pour ceux qui ne veulent pas ou ne peuvent pas faire chaque jour des dizaines de kilomètres ; tant pis pour ceux qui refusent de voir disparaître dans les frais d'essence une partie du salaire que leur fournit un emploi souvent précaire et mal payé.

L'arsenal de mesures antichômeurs est pourtant bien pourvu : déjà depuis 2005, les chômeurs qui refusent un emploi compatible avec leur spécialité peuvent voir leurs allocations réduites de 20 % dès le premier refus, et supprimées au troisième. Apparemment, cela ne suffit pas encore au patronat ni au gouvernement. Et c'est aussi pour flatter tous ceux qui, dans son électorat de droite, considèrent les chômeurs comme des feignants, que le gouvernement Sarkozy remet un coup de projecteur sur ce genre de mesure, au nom, bien sûr, de " la justice dans la politique de l'emploi " !

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