Italie : La gauche paye pour sa politique18/04/20082008Journal/medias/journalnumero/images/2008/04/une2072.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans le monde

Italie : La gauche paye pour sa politique

Au cours de la campagne électorale, le candidat du centre gauche Walter Veltroni, dirigeant du " Parti démocrate ", s'opposait au leader de la droite Berlusconi pour diriger le gouvernement. Veltroni remplaçait ainsi Prodi, décidément trop usé pour revendiquer un quelconque bilan et prendre la direction de la campagne.

Le nouveau " Parti démocrate " s'est formé par l'alliance des DS (les démocrates de gauche, parti issu de la transformation de l'ancien Parti Communiste Italien) avec les restes du centre Démocrate-Chrétien. Refusant de conclure des alliances sur sa gauche, Veltroni a fait campagne autour des quelques phrases vides qui ont sa prédilection, telles que " changer le pays " ou bien " on peut le faire ". Sous le prétexte habituel qu'il faut conquérir l'électorat du centre, Veltroni n'avait rien à dire aux classes populaires, sinon leur demander de " voter utile ", c'est-à-dire de ne pas voter plus à gauche pour ne pas faire le jeu de Berlusconi.

Visiblement, cela n'a pas empêché cet électorat du centre de voter pour Berlusconi, ou pour le centre démocrate-chrétien de Casini, qui a réussi à tirer son épingle du jeu entre Veltroni et Berlusconi. En revanche, cela a permis à Veltroni de prendre des voix sur sa gauche.

Les deux partis communistes, c'est-à-dire le Parti de la refondation communiste, dirigé par Fausto Bertinotti, et le Parti des communistes italiens, après avoir participé au gouvernement Prodi, ont été contraints par les choix de Veltroni de se présenter indépendamment, s'alliant à une partie des écologistes dans une coalition baptisée " gauche Arc-en-Ciel ".

Au cours de la campagne électorale, Bertinotti, qui a été pendant deux ans président de la Chambre des députés, a tenté de retrouver les faveurs de l'électorat populaire en dénonçant la dictature des puissances financières et du patronat... mais il était visiblement un peu tard pour faire oublier les deux ans pendant lesquels il a justifié le soutien au gouvernement Prodi. Les résultats électoraux se traduisent par une véritable déroute pour la " gauche Arc-en-Ciel " qui, passant en-dessous des 4 % nécessaires, ne sera même pas représentée au Parlement.

À la suite de cet échec, Bertinotti a annoncé sa démission de ses responsabilités à la tête de Refondation communiste. Cela ne l'empêche pas de porter une grande responsabilité dans ce qui est une véritable déroute pour ce parti. Formé dans les années quatre-vingt-dix en réponse à l'évolution réformiste de l'ancien Parti communiste, ses dirigeants n'ont su lui proposer rien d'autre que le rôle de flanc-gauche de coalitions qui ont gouverné contre les travailleurs : il encaisse aujourd'hui, et c'est logique, une grande partie de leur discrédit.

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