Flambée des prix en Côte-d'Ivoire : La colère explose11/04/20082008Journal/medias/journalnumero/images/2008/04/une2071.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans le monde

Flambée des prix en Côte-d'Ivoire : La colère explose

Fin mars, des manifestations contre la cherté de la vie ont éclaté dans plusieurs quartiers d'Abidjan, en Côte-d'Ivoire. On pouvait entendre ou lire sur les pancartes: " On a faim ", " Après les armes et les déchets toxiques, ils veulent nous tuer par la faim ", " Le pauvre ne peut plus manger ". Certaines femmes dénonçaient le fait qu'elles ne peuvent même plus acheter le riz de grande consommation au prix relativement bas ou du lait, d'autres s'en prenaient aux dirigeants et aux nantis en affirmant: " Pendant que nous souffrons, ils roulent dans des voitures aux vitres teintées ". Ces manifestations ont été réprimées violemment par les forces de l'ordre qui ont tiré, faisant au moins deux morts et plusieurs blessés par balles.

Sur ce sujet, nous reproduisons des extraits de l'éditorial publié dans Le pouvoir aux travailleurs, mensuel de nos camarades de l'Union Africaine des Travailleurs Communistes Internationalistes.

" Ces manifestations sont pour la plupart spontanées et composées des gens du petit peuple, souvent des mères, équipées d'assiettes et autres ustensiles de cuisine, criant leur colère contre la hausse vertigineuse des prix des aliments de base. Elles n'en peuvent plus de faire des kilomètres à pied pour essayer de dénicher au fin fond du marché d'un quartier populaire un peu d'aliment (souvent de mauvaise qualité) qui soit encore à la portée de leur bourse. Elles n'en peuvent plus d'entendre les gémissements et les pleurs de leurs enfants qui ont faim. (...) C'est la colère longtemps retenue qui explose aujourd'hui. Et ce n'est probablement qu'un début.

Ces mères de famille, les jeunes des quartiers, les travailleurs embauché ou journaliers, des gens du petit peuple sont nombreux aujourd'hui à dire non aux affameurs qui gouvernent nos pays et qui restent sourds et aveugles devant la situation de famine qui est déjà là pour beaucoup.

Ils ont raison, mille fois, de ne pas vouloir mourir ou laisser mourir les êtres chers dont ils ont la charge, sans crier leur révolte et leur dégoût à l'égard de ces dirigeants incapables, par lâcheté à l'égard des possédants, par mépris à l'égard des humbles ou pour les deux raisons à la fois, de prendre la moindre mesure d'urgence pour que les gens mangent. (...)

Ces gens-là savent comment cela a commencé, mais pas forcément comment ça peut finir, s'ils continuent à se mettre un bandeau sur les yeux et des bouchons dans les oreilles. "

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