Grande distribution - Pour les salaires et les conditions de travail : Mobilisation réussie07/02/20082008Journal/medias/journalnumero/images/2008/02/une2062.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Grande distribution - Pour les salaires et les conditions de travail : Mobilisation réussie

Vendredi 1er février, les syndicats CGT, CFDT et FO appelaient à une journée nationale de mobilisation dans la grande distribution. Les 650 000 salariés du secteur étaient appelés à des actions et des débrayages sur le pouvoir d'achat, l'emploi et le respect du repos du dimanche.

Les syndicats se sont félicités du succès de la journée, une secrétaire nationale de la CFDT commerce déclarant : " 80 % des hypermarchés ont été touchés dans toute la France, entre 65 et 70 % des supermarchés, et 50 % dans la logistique. " Quant à la Fédération patronale du commerce et de la distribution (FCD), elle admettait quand même que 8,5 % des 11 000 magasins auraient été touchés, 40 % des 1 400 hypermarchés, et au total une vingtaine d'établissements bloqués.

Une trentaine de milliers de grévistes, ce n'est déjà pas rien. Surtout quand on sait quelles pressions le patronat exerce sur les salariés du commerce. Le chantage à l'emploi, au nombre d'heures et à leur répartition est une réalité quotidienne pour eux. Et on peut penser qu'au-delà de ceux qui ont participé d'une façon ou d'une autre aux actions proposées par les syndicats, la quasi-totalité des salariés du secteur se reconnaissaient dans les objectifs du mouvement.

Dans le commerce, les salaires sont bien souvent le smic, et parfois moins, mais il faut tenir compte des temps partiels, la plupart du temps imposés. 37 % des salariés sont à temps partiel, 11 % des hommes et 55 % des femmes (jusqu'à 72 % dans les entreprises de " maxi discount ").

Malgré les affirmations des responsables patronaux, selon lesquels 90 % des salariés ont eu en moyenne une augmentation collective de 3,5 %, ceux-ci ont souvent eu moins de 2 % et se plaignent de la baisse de leur pouvoir d'achat.

Une autre caractéristique de ce secteur est la fragmentation de la journée de travail. On peut être employé à temps partiel mais être bloqué du matin au soir par le travail, entrecoupé de longues pauses très peu indemnisées. Certains groupes de la distribution intégraient cette maigre indemnisation, le forfait-pause, au salaire pour lui faire atteindre le niveau du smic : après des mois de contestation, les syndicats viennent de faire reconnaître l'illégalité de ce procédé.

Dans ces conditions, la revendication du repos du dimanche exprime la résistance légitime des salariés à l'exploitation sans règle, donc sans limite. C'est aussi une revendication que la majorité des autres salariés comprennent aisément, eux qui en bénéficient. Les salariés du commerce ne veulent pas être corvéables à merci, sous prétexte que le dimanche serait un bon jour pour les ventes. Ils revendiquent de gagner correctement leur vie, tout en ayant du temps pour vivre et ne plus être épuisés par la dureté du travail et des cadences.

Cette réalité du travail dur et mal payé dans le secteur du commerce, comme dans bien d'autres, fait justice de toutes les fanfaronnades des ministres et du président sur le pouvoir d'achat.

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