Aciérie ArcelorMittal - Gandrange (Moselle) : Sarkozy fait une coulée de promesses07/02/20082008Journal/medias/journalnumero/images/2008/02/une2062.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Aciérie ArcelorMittal - Gandrange (Moselle) : Sarkozy fait une coulée de promesses

Le spectacle avait été huilé et préparé. À la demande expresse de l'Élysée, des sidérurgistes en tenue étaient placés derrière Sarkozy lorsqu'il s'est adressé aux travailleurs de Gandrange dans l'aciérie menacée de fermeture par le groupe ArcelorMittal. Sarkozy sur fond de sidérurgistes, c'est bon pour la télé !

Sarkozy a annoncé son soutien- ou plutôt celui de l'argent de l'État - au maintien de l'usine. Il est d'ailleurs significatif de l'entendre - lui qui n'arrête pas de dire que les caisses sont vides quand il s'agit de financer les services publics ou la santé - promettre d'ouvrir toutes grandes les caisses de l'État pour financer un grand groupe privé déjà plein aux as.

Nul ne sait si Sarkozy a déjà dans sa manche un repreneur, ou une solution, et s'il fait son cinéma pour tenter de rebondir dans les sondages d'opinion en se présentant comme le sauveur, ou bien si ses promesses ne sont que du vent. Cette annonce a en tout cas provoqué des applaudissements d'une partie des travailleurs présents - un tiers environ - alors que tous avaient " accueilli " Sarkozy aux cris de " Gandrange vivra " lors de son entrée sur scène. Un cri pour réaffirmer que les travailleurs de Gandrange refusent la fermeture. Mais les caméras n'ont retenu que la scène des applaudissements, soigneusement enregistrés par les micros.

Les images ont donc fait le tour des chaînes de télé complaisantes qui les ont retransmises, mais aucune n'a parlé du rassemblement devant la porte de l'usine, appelé par la CGT et qui a réuni environ deux cents militants, une porte soigneusement gardée par les CRS, omniprésents dans le secteur.

En fait, Sarkozy n'a rien annoncé de concret. D'abord parce qu'ArcelorMittal n'a absolument pas reculé sur sa volonté de fermer l'usine de Gandrange. Ensuite parce que ce n'est pas un problème d'argent : les syndicats disent qu'il faudrait investir 20 à 30 millions pour que Gandrange soit rentable, autant dire une misère pour un groupe comme ArcelorMittal, numéro un mondial de l'acier qui a dégagé l'an dernier 8 milliards de bénéfices. ArcelorMittal veut fermer l'aciérie pour des raisons internes au groupe, pour regrouper ses activités en fonction de la rentabilité capitaliste de l'ensemble et, dans ce genre de calcul, les intérêts des populations comptent pour zéro.

C'est dire que bien des sidérurgistes présents étaient sceptiques sur les promesses de Sarkozy. Même la presse ou les médias régionaux étaient très circonspects. En tout cas, les travailleurs ne désarment pas et un nouveau rassemblement à l'appel de l'intersyndicale est prévu le 9 février devant l'usine.

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