Allemagne : Une claque pour la réaction30/01/20082008Journal/medias/journalnumero/images/2008/02/une2061.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans le monde

Allemagne : Une claque pour la réaction

Les élections régionales qui ont eu lieu, le 27 janvier, dans deux Länder de l'Ouest de l'Allemagne ont représenté un revers pour la CDU, le parti de droite de la chancelière Angela Merkel qui recule de 5,8 % en Basse-Saxe.

Mais le plus réjouissant est que Roland Koch, ministre-président sortant de Hesse, perd 12 points. Il s'était fait élire pour la première fois en 1999 en menant une campagne contre le projet du gouvernement Schröder d'alors d'accorder (dans le cadre d'une légère modification du droit de la nationalité, qui est encore plus restrictif qu'en France) la double nationalité aux immigrés d'origine turque. Cette fois il a fait campagne pour l'aggravation des peines des jeunes délinquants issus de l'immigration. Ces propos nauséabonds, frisant ceux de l'extrême droite, ont donc été sanctionnés par l'électorat et c'est tant mieux.

Le Parti Social-Démocrate SPD, qui gouverne au niveau fédéral avec la CDU dans le cadre d'une grande coalition et est aussi atteint par un certain discrédit, s'en sort mieux. En Basse-Saxe, il ne perd que 3,1 points. Mais en Hesse il progresse de 7,6 points. Il est vrai que sa candidate a mis en avant l'introduction d'un salaire minimum, une idée qui trouve d'autant plus un écho dans l'opinion populaire que celui-ci n'existe pas jusqu'à présent en Allemagne.

Mais c'est surtout Die Linke (La Gauche) qui progresse. Ce parti créé en juin dernier par la fusion du Parti du Socialisme Démocratique (PDS), lui-même issu de l'ancien parti stalinien au pouvoir en Allemagne de l'Est et de l'Alternative électorale - Travail et justice sociale formée en 2004 par des syndicalistes et des sociaux-démocrates en rupture avec le SPD, franchit dans les deux cas la barre des 5 %, avec 5,1 % des suffrages en Hesse et 7,1 % en Basse-Saxe.

Après Brême en mai 2007, c'est donc le troisième parlement régional de l'Ouest du pays dans lequel Die Linke obtient des élus. Et en Basse-Saxe, une militante du DKP, le Parti Communiste Allemand, qui figurait sur la liste de Die Linke, entre même au Landtag. C'est la première fois depuis les années 1950 et son interdiction en 1956 que le PC obtient ainsi un élu à ce niveau.

Dans un contexte, où, depuis des années, les attaques contre le monde du travail (recul à 67 ans de l'âge de la retraite, réduction des allocations de chômage, baisse du pouvoir d'achat, licenciements, etc.) se multiplient, cette évolution est plutôt réconfortante. Il reste que, pour faire reculer le patronat et les politiciens à son service, il faudra que le mécontentement se fasse entendre bien au-delà des urnes.

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