Suppression de la publicité télévisée : Toujours plus pour Bouygues18/01/20082008Journal/medias/journalnumero/images/2008/01/une2059.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Suppression de la publicité télévisée : Toujours plus pour Bouygues

En présentant ses voeux à la presse, mardi 8 janvier, Sarkozy a annoncé qu'il souhaitait " réfléchir à la suppression totale de la publicité sur les chaînes publiques ". Mais jeudi 10 janvier la ministre de la Culture a précisé qu'un projet de loi, déposé après les élections municipales, pourrait être voté avant l'été et appliqué dès le 1er janvier 2009...

En guise de voeux, c'est donc un très beau cadeau de Sarkozy à son ami Martin Bouygues, PDG de TF1, la première chaîne de télévision française, en termes d'audience (30,7 %), mais aussi en termes de marché publicitaire (54 %). La Bourse ne s'y est d'ailleurs pas trompée, puisque l'action de TF1 a grimpé de près de 9 %, suivie par celle de M6, l'autre grande chaîne privée, ces deux chaînes espérant bien mettre la main sur le pactole de 840 millions d'euros que représentent les 3 heures 19 minutes de publicité quotidienne diffusées actuellement sur France 2, 3, 4, 5 et France Ô.

Sarkozy prétend que son souci serait de faire des chaînes publiques des chaînes de qualité. Et en effet l'invasion des écrans de télévision par la publicité est une plaie, et on ne pourrait donc qu'approuver cette mesure. Mais qui dit qualité dit aussi moyens, et les chaînes publiques devront bien compenser la perte de ces recettes publicitaires qui représentent près de 30 % de leur financement, la redevance rapportant elle plus de 64 %.

La ministre de la Culture ayant cité l'exemple de la chaîne publique anglaise, la BBC, qui ne passe pas de publicité mais dont la redevance est de 190 euros par an, contre 120 en France, certains ont évoqué une augmentation de celle-ci. L'idée de taxer les utilisateurs de téléphones portables et d'Internet a aussi été avancée...

D'une façon ou d'une autre, ce serait donc aux utilisateurs de payer le cadeau fait à Bouygues. Quant à TF1 et M6, le gouvernement se contente d'évoquer une taxation accrue de leurs recettes supplémentaires, mais qui ne serait évidemment que partielle.

Quant à faire que la télévision publique soit vraiment de qualité, le problème ne serait pas seulement de supprimer des spots publicitaires, mais de donner à ces chaînes publiques les moyens de jouer pleinement leur rôle d'information et de culture, sans le recours aux capitaux ou aux marchés publicitaires privés. Malheureusement, il n'est pas question de leur donner de tels moyens. En revanche Bouygues en aura encore plus pour développer une télévision commerciale, adepte des reality-shows et autres spectacles débilitants, entrecoupés à toute heure de spots publicitaires dont la majorité ne le sont pas moins.

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