Samedi 19 janvier 2008 : Journée européenne contre l'enfermement des sans-papiers18/01/20082008Journal/medias/journalnumero/images/2008/01/une2059.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Samedi 19 janvier 2008 : Journée européenne contre l'enfermement des sans-papiers

Les gouvernements des États européens déclarent souvent se mobiliser contre la misère dans le monde. Mais dans les faits, ils hérissent de barbelés et de miradors les frontières des 24 pays de l'espace Schengen et ils multiplient les ouvertures de camps, appelés Centres de rétention administratifs (CRA), pour refouler les étrangers fuyant cette misère.

Officiellement, on dénombre aujourd'hui 224 CRA dans l'Union européenne, pouvant emprisonner 30 000 personnes en permanence. En 2006 en France, dans les 24 CRA existants d'une capacité totale de près de 2 000 places, 31 232 personnes (dont 197 enfants) ont été détenues.

En plus de ces CRA, il existe en France environ 150 locaux de rétention administratifs provisoires, souvent dans les commissariats, dans lesquels les étrangers sont parqués sans hygiène, sans couchage et sans pouvoir exercer leur droit minimum de recours contre leur expulsion. Il en est de même dans des zones d'attente des aéroports, où le gouvernement entasse des étrangers demandeurs du droit d'asile. À Roissy, le préfet vient même de réquisitionner 1 600 m² de locaux supplémentaires !

Tous les moyens sont bons pour atteindre les quotas d'expulsions, et Fillon vient de rappeler qu'en 2008 la chasse aux immigrés se poursuivra au rythme de 25 000 expulsions par an !

Dans tous les pays d'Europe, les incarcérations d'étrangers pour défaut de papiers en règle deviennent des pratiques courantes pour les gouvernements, provoquant quotidiennement des maltraitances, des expulsions et des drames.

En France, certains CRA sont de véritables prisons de 200 places où souvent les conditions matérielles de détention sont indignes. Dans le sud de l'Italie, à Crotone, un CRA atteint 1 100 places. Il y en a même deux, regroupant 1 600 places, sur l'île de Malte. En Irlande et en Allemagne, ces centres sont directement installés dans les prisons. Aux îles Canaries ou sur celle de Lampedusa en Italie, les camps d'internement sont fermés aux journalistes et servent de bases pour le renvoi massif d'immigrés ayant atteint leurs côtes et échappé à la mort. Par ailleurs, l'Union européenne encourage l'installation de camps dans des pays périphériques comme le Maroc, l'Ukraine, la Libye et la Turquie.

Et cette Europe carcérale destinée aux travailleurs immigrés non-choisis est appelée à se développer, puisque le Parlement européen doit voter en ce début d'année une directive honteuse, déjà approuvée par sa Commission des libertés civiles, autorisant l'enfermement pendant dix-huit mois des étrangers en situation irrégulière !

Louis BASTILLE

Pour s'opposer à cette Europe de l'emprisonnement des sans-papiers, des manifestations sont organisées dans diverses villes, samedi 19 janvier. Lutte Ouvrière appelle à y participer.

À Paris, la manifestation se rendra au CRA de Vincennes. Le rendez-vous de départ est fixé :

Samedi 19 janvier à 14 heures

Cité de l'Immigration

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