Somefor - Marseille - Pont-de-Vivaux : Décidés à ne pas se laisser jeter à la rue.27/12/20072007Journal/medias/journalnumero/images/2007/12/une2056.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Somefor - Marseille - Pont-de-Vivaux : Décidés à ne pas se laisser jeter à la rue.

Les travailleurs de Somefor sont en lutte pour ne pas faire les frais de la fermeture de l'usine.

Cette entreprise, qui fournit Castorama et Leroy-Merlin, fabrique de la peinture sous sa propre marque sur plusieurs sites : Marignane, une vingtaine d'ouvriers, Saint-Martin-de-Crau et Marseille - Pont-de-Vivaux qui emploient chacun une cinquantaine de personnes.

C'est l'usine de Marseille qui est visée. Pont-de-Vivaux, dans l'ancienne vallée industrielle de l'Huveaune, avec sa population ouvrière, est en voie de reconversion en zones commerciales et d'habitation. Les usines disparaissent, se déplacent ou ferment des secteurs entiers comme l'ont fait dernièrement Nestlé et les Moteurs Baudoin.

Évoquant des problèmes de gestion, les actionnaires-directeurs de Somefor présentent un plan de fermeture proposant des mesures de reclassement à 75 km parfois de Marseille et quinze licenciements économiques. Les travailleurs ont d'abord répondu par une pétition qui, point par point, conteste les allégations de la direction. En fait, disent-ils, l'entreprise veut revendre le terrain pour en tirer une forte plus-value immobilière. L'entreprise ne manque pas d'argent : en 2007, ses trois actionnaires se sont partagé un gâteau de 220 000 euros de dividendes, alors qu'ils distribuaient 20 euros de participation à chaque salarié. Auparavant ils avaient touché les subventions pour les 35 heures sans que les effectifs augmentent réellement. En 2005, ils avaient également reçu plus de 5 000 000 euros d'assurance pour un incendie qui, de leur propre aveu, ne les avait pas vraiment gênés mais qui a servi de prétexte au licenciement de neuf personnes.

Le 18 décembre les travailleurs ont débrayé une journée pour porter une pétition aux patrons. Deux jours plus tard, une quinzaine d'ouvriers de fabrication et de techniciennes de laboratoire de Marseille se sont mis en grève pour aller à Marignane et Saint-Martin-de-Crau s'adresser à leurs collègues. Très bien reçus dans chaque site, ils ont réuni pratiquement tout le personnel présent pour expliquer la situation et débattre des questions posées dans le tract qu'ils distribuent : " Les patrons actuels semblent avoir oublié que c'est par notre travail durant des années que l'entreprise a accumulé de confortables bénéfices. Qu'ont-ils fait de l'argent qu'ils ont touché ? Qu'ont-ils fait des subventions, de la prime d'assurance ? Et les bénéfices de toutes les années passées, à quoi ont-ils servi ? "

Bien décidés à ne pas se laisser faire, ils revendiquent une indemnité de 60 000 euros à titre de dommages et intérêts, en plus de l'indemnité due en cas de licenciement économique.

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