Le bac pro en trois ans : Des économies au détriment de la formation des jeunes13/12/20072007Journal/medias/journalnumero/images/2007/12/une2054.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Le bac pro en trois ans : Des économies au détriment de la formation des jeunes

Dans plusieurs académies où le rectorat a annoncé ses projets de réforme du baccalauréat professionnel, la protestation s'est aussitôt élevée et elle continue à s'amplifier. Depuis la fin novembre, grèves et manifestations d'élèves et d'enseignants des lycées professionnels se multiplient, en Bretagne, en Alsace, dans les académies d'Aix-Marseille, de Nice, de Toulouse, de Gironde, de la région parisienne, etc. Des préavis de grève ont été déposés dans différents départements, où des assemblées générales et des manifestations sont prévues jusqu'aux vacances scolaires.

Fin octobre, Darcos, le ministre de l'Éducation nationale, avait envoyé une note aux recteurs d'académie afin qu'ils amorcent, dès la rentrée prochaine, la réforme du baccalauréat professionnel. Celui-ci ne serait plus préparé en quatre ans comme c'est le cas aujourd'hui dans les lycées professionnels, mais en trois ans.

Ces établissements accueillent les élèves qui sortent du collège pour suivre une formation professionnelle débouchant au bout de deux ans sur un BEP ou, pour ceux qui continuent deux ans de plus, sur un bac professionnel. Ce dernier diplôme s'obtient donc en quatre ans. La réforme envisagée du bac professionnel comporterait une refonte des diplômes : le BEP disparaîtrait dans la plupart des filières professionnelles et il ne resterait donc que le " bac pro " préparé en trois ans.

Pas gêné, le ministère explique que les élèves du professionnel se sentiront ainsi à égalité avec les lycéens du général ! Mais pour Darcos, cela signifie une année scolaire économisée par élève.

La préparation du bac pro en trois ans est expérimentée dans certains établissements et, d'après l'inspecteur chargé du dossier, les résultats sont mitigés. Qu'importe à Darcos, il faut que dès la prochaine rentrée 45 000 élèves, soit 25 % de ceux qui entrent en lycée professionnel, entament un bac pro en trois ans, l'objectif étant d'atteindre 80 % en 2010.

Cette réforme risque de laisser en chemin bon nombre d'élèves pour qui cette " année supplémentaire " permettait de combler des lacunes ou tout simplement de prendre de l'assurance. Ce sera d'autant plus difficile désormais que le bac pro en trois ans signifie 102 heures en moins de cours de français-histoire-géographie et 612 heures en moins dans les matières professionnelles. Comme si cela ne suffisait pas, le ministère n'exclut pas de faire passer les effectifs à 30 élèves par classe là où ils sont 24 aujourd'hui. Et après cela, nos gouvernants viendront nous expliquer que si les jeunes ne trouvent pas d'emploi, c'est parce qu'ils ne sont pas assez formés !

Pour les élèves, c'est un enseignement au rabais et pour les enseignants, une dégradation de leurs conditions d'enseignement, sans parler des menaces de perte d'emploi pour les contractuels et pour les vacataires. Elèves et enseignants ont toutes les raisons d'être mécontents de cette réforme et de s'y opposer.

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