Gaz et électricité : Vers de nouvelles hausses13/12/20072007Journal/medias/journalnumero/images/2007/12/une2054.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Gaz et électricité : Vers de nouvelles hausses

La hausse prévue du prix du gaz pour les particuliers serait de 3,5 %. Gaz de France, comme à son habitude, réclamait nettement plus. L'augmentation pourra donc paraître modérée. Mais, même modérée, elle est injustifiée.

Gaz de France, il est vrai, achète à des fournisseurs étrangers tout le gaz qu'il vend. Et le prix du gaz est indexé, on le sait, sur celui du pétrole. Mais GDF achète en dollars et vend, en France du moins, en euros, ce qui compense en grande partie la hausse. D'autre part, malgré toutes ses jérémiades sur le manque à gagner que lui impose l'État en modérant les hausses qu'il demande, GDF réalise de coquets bénéfices : 1,74 milliard d'euros en 2005, et 2,3 milliards en 2006.

Alors, comme le réclament certains syndicalistes de GDF, ce n'est pas une hausse qu'il devrait y avoir, mais une baisse des tarifs.

D'autre part, le gouvernement avait pris un arrêté, fin 2005, afin de reporter la hausse des tarifs du gaz, prévue normalement au 1er janvier, jusqu'après l'hiver. Entendez : après les élections municipales.

Mais la société indépendante, et marginale, Poweo, qui tente tant bien que mal de vendre du gaz en concurrençant GDF, avait porté plainte contre cet arrêté qui entraînait pour elle " une marge négative ". Et elle vient d'obtenir gain de cause auprès du Conseil d'État.

La hausse aura donc bien lieu à la date prévue. Et le gouvernement doit jongler entre des impératifs contradictoires. D'une part il tente de limiter la hausse pour ne pas trop mécontenter les électeurs, en cette période où l'on parle tant du pouvoir d'achat. D'autre part il veut quand même permettre à GDF de continuer à afficher de copieux bénéfices, surtout au moment où sa fusion avec Suez devrait devenir effective.

Parallèlement, pour l'électricité aussi des augmentations de tarifs se dessinent.

Une petite société indépendante, Direct Energie, s'était plainte auprès du Conseil de la concurrence. Car EDF lui vend, comme elle s'y était engagée, de l'électricité en gros, mais à un tarif jugé trop élevé. Du coup Direct Energie ne peut pas revendre cette électricité sur le marché libre à des tarifs permettant de concurrencer les tarifs analogues d'EDF.

Eh bien le Conseil de la concurrence a jugé qu'il y avait de la part d'EDF un " abus de position dominante ". Et au nom du respect de la concurrence, EDF va devoir vendre moins cher son électricité à son concurrent afin que celui-ci puisse la concurrencer ! Cela fait partie des beautés de l'économie de marché.

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