Regroupement familial : Encore une loi contre les immigrés.12/07/20072007Journal/medias/journalnumero/images/2007/07/une2032.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Regroupement familial : Encore une loi contre les immigrés.

Mercredi 4 juillet, le conseil des ministres a adopté un nouveau projet de loi relatif aux contrôles de l'immigration en provenance de pays hors de l'Union européenne.

Ce projet doit être soumis au vote du parlement en septembre. Il a pour but de renforcer les deux précédentes lois de Sarkozy dites " pour une immigration choisie et non subie ", visant à augmenter la venue de travailleurs répondant aux besoins économiques du patronat et à refuser les autres, en particulier les familles et les enfants, considérés comme des charges sociales inutiles.

Pour l'année 2008, Sarkozy demande à la police de réaliser 125 000 contrôles d'étrangers afin de pouvoir expulser au moins 25 000 sans-papiers. Et pour accélérer ces expulsions, la nouvelle loi prévoit d'équiper les centres de rétention de moyens audiovisuels permettant de tenir des audiences juridiques à distance, juges et avocats étant dans un autre lieu !

Certes, le gouvernement n'interdit pas le regroupement familial pour les étrangers vivant légalement en France, ainsi que pour les conjoints étrangers de Français. Mais par des lois successives, il restreint ce droit élémentaire. Pour ce faire, le nouveau projet de loi exige des candidats au regroupement familial ayant plus de 16 ans, qu'avant leur départ, ils soient testés sur leur connaissance de la langue française et sur les valeurs de la République. Si le but était vraiment d'aider à l'intégration, ce serait à l'arrivée en France que ces formations devraient être dispensées. En fait cette nouvelle condition sera une restriction supplémentaire.

Actuellement, le demandeur d'un regroupement familial doit justifier de 18 mois de séjour en France, d'un revenu régulier au moins égal au smic, et même gagner davantage s'il a des enfants. Il doit disposer d'un logement de taille suffisante pour toute sa famille. Le préfet a six mois pour examiner la demande et rendre sa décision, quoique ce délai soit souvent prolongé. Ensuite, la durée des démarches pour obtenir les visas dépend du bon vouloir des administrations consulaires et des quotas décidés par le gouvernement. La durée totale de ces procédures, quand elles aboutissent, atteint couramment deux ans.

Autant de barrages qui alimentent l'immigration clandestine, qui favorisent les réseaux mafieux et poussent parfois des personnes à risquer leur vie, simplement pour rejoindre leur famille.

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