Sarkozy, Royal et la relance économique... Ils donnent la priorité aux patrons22/03/20072007Journal/medias/journalnumero/images/2007/03/une2016.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Sarkozy, Royal et la relance économique... Ils donnent la priorité aux patrons

Ceux que l'on considère comme les principaux candidats se réfèrent tous, d'une façon ou d'une autre, à la " relance économique ". Ces termes reviennent dans toutes les interventions de Ségolène Royal. Pour elle, c'est la formule quasiment magique qui permettra d'affronter tous les problèmes : aussi bien celui du chômage que celui du déficit des budgets sociaux ou celui de la dette de la France.

Mais si tous y vont de leurs recettes, qui peuvent différer un peu dans leurs formulations, elles se résument à une seule formule : il faut commencer par aider le patronat.

Si pour Sarkozy, Bayrou, Le Pen, cela s'applique au patronat dans son ensemble, considéré comme le socle sur lequel repose l'avenir de la société, Ségolène Royal y introduit une petite nuance. Elle veut elle aussi aider le patronat, mais en priorité, dit-elle, celui qu'elle considère comme " méritant ", " innovant ", " dynamique ", à qui elle promet un peu plus de faveurs qu'aux autres.

C'est faire semblant de croire qu'il y aurait eu jusqu'alors, en France, une fraction du patronat ne demandant qu'à embaucher au lieu de licencier, se plaçant dans une perspective de développement et freinée par on ne sait quelles mystérieuses entraves : un patronat " vertueux ", pour reprendre un des mots favoris de Ségolène Royal. Il suffirait donc, selon elle, de rompre ces entraves et de les remplacer par des incitations pécuniaires pour impulser une dynamique nouvelle qui se traduirait par des emplois, des recettes fiscales accrues et des budgets sociaux mieux alimentés.

La réalité est différente. Car personne ne peut ignorer, et Ségolène Royal pas plus que d'autres, que si les entreprises ont jusqu'alors licencié, ce n'est pas faute d'avoir bénéficié d'incitations de toutes sortes. Ce n'est pas non plus parce qu'elles ne seraient pas assez innovantes et dynamiques. C'est même bien souvent le contraire. L'innovation et le dynamisme du point de vue patronal servent le plus souvent de prétexte à des réductions d'effectifs. C'est d'ailleurs le motif qu'invoquent les patrons pour réduire leur personnel, expliquant que les nécessités de la concurrence les contraignent à " dégraisser ", selon la délicate formule utilisée par les économistes.

En fait, ce que propose la candidate du PS, tout comme ses concurrents, c'est de commencer par aider le patronat, pour ensuite lui laisser les mains libres d'agir à sa guise. Mais Ségolène Royal n'est pas suffisamment naïve pour croire que ce patronat se mettra, comme par miracle, au service de la collectivité. Le voudrait-il qu'il ne le pourrait pas, aiguillonné par la concurrence.

Mais, sur le terrain économique et social, où est donc cette prétendue rupture que les uns et les autres nous promettent ?

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