Continental - Angers : Les travailleurs imposent 15 000 euros supplémentaires d'indemnité de départ22/03/20072007Journal/medias/journalnumero/images/2007/03/une2016.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Continental - Angers : Les travailleurs imposent 15 000 euros supplémentaires d'indemnité de départ

La direction de Continental a décidé de fermer l'usine d'Angers dès 2008, seulement quelques mois après qu'elle l'a rachetée à Motorola. C'est plus de 330 travailleurs que ce grand groupe a décidé ainsi de réduire au chômage.

Il a fallu une grève pour lui imposer une indemnité de départ supplémentaire de 15 000 euros.

Après la fermeture d'ACT, les centaines de postes supprimés chez NEC et Packard-Bell, et la nouvelle vague de licenciements programmés chez Thomson, c'est évidemment un nouveau coup dur pour l'emploi sur la ville.

Le prétexte invoqué par la direction serait sa volonté de délocaliser vers la Chine et la Roumanie les productions faites à Angers. Mais quand on sait que Continental veut faire passer le temps de travail de certaines de ses usines en France de 35 heures à 40 heures, il y a tout à parier que c'est en surexploitant les travailleurs de ces autres entreprises ou des sous-traitants que la direction de l'entreprise compensera la fermeture de l'usine d'Angers. De quoi gonfler encore un peu plus les profits records de ce groupe ! Un de ses dirigeants se vantait d'avoir multiplié par cinq en dix ans les dividendes versés aux actionnaires. Le groupe avoue avoir plus de 4 milliards de liquidités dont il ne sait que faire, mais cela ne suffit pas encore. La direction de Continental a même essayé de ne verser que des sommes dérisoires comme indemnités de départ aux salariés concernés.

C'est contre cela que la totalité des travailleurs de production ainsi qu'un grand nombre de techniciens ont décidé de se mettre en grève totale, avec présence 24 heures sur 24 aux portes de l'usine, réclamant 40 000 euros pour tous en plus du mois de salaire par année d'ancienneté initialement proposé par la direction. Après quelques jours de refus de la part de la direction, celle-ci décidait de reprendre le dialogue le vendredi 9 mars, en proposant 5 000 puis 10 000 euros. Finalement le lundi 12 la direction lâchait 15 000 euros. Les travailleurs de Continental, estimant dans leur majorité qu'il s'agissait pour eux d'une victoire, ont alors repris le travail.

Cette reprise ne les a pas empêchés de participer nombreux à la manifestation de défense de l'emploi appelée par la CGT locale et l'intersyndicale de Thomson le mercredi 14 mars, qui a regroupé 800 personnes, essentiellement de la métallurgie. Les 15 000 euros supplémentaires par salarié imposés à Continental étaient particulièrement commentés par les travailleurs de Thomson, que leur direction essaie de faire partir avec des indemnités nettement insuffisantes.

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