"L'A320 à Toulouse" ou le "syndicalisme" industriel14/03/20072007Journal/medias/journalnumero/images/2007/03/une2015.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

"L'A320 à Toulouse" ou le "syndicalisme" industriel

Si les dirigeants syndicaux de l'Entente syndicale (FO-CGC-CFTC) d'Airbus remettent en cause les actionnaires d'EADS, c'est malheureusement pour fustiger entre autres... les Allemands. Ainsi, lors de la prise de parole à l'issue de la manifestation du 6 mars à Toulouse où, au nom de tous les syndicats, le responsable de FO (syndicat majoritaire chez Airbus) s'écriait : " Devant la boulimie des actionnaires allemands nous devons défendre notre société ", déplorant que la direction décide que " le nouveau A320 serait tout entier sous responsabilité allemande ! " Et de conclure lyriquement : " L'État français actionnaire doit jouer son rôle d'actionnaire et faire le contre-poids face aux appétits boulimiques de Daimler ", l'actionnaire allemand.

C'est Lagardère (actionnaire français) qui doit être satisfait de ce " syndicalisme " patriotique et franchouillard. Il est vrai que les mêmes avaient écrit dans un tract du 27 février, sous le titre " L'État français nous lâche " et en paraphrasant une chanson célèbre : " Demain faudra-t-il dire : ne m'appelez plus jamais Airbus, la France m'a laissé tomber ? "

Le rôle de ces dirigeants syndicaux serait-il donc de défendre Airbus malgré une direction aux ordres des " Teutons " et un État qui ne défendrait pas les intérêts nationaux ? Et les syndicalistes de Airbus-Hambourg devraient-ils eux aussi défendre Bishoff représentant Daimler-Chrysler et lutter contre " les appétits boulimiques " de l'actionnaire français Lagardère ?

Réclamer que l'A320 reste à Toulouse plutôt qu'à Hambourg, ou le contraire, c'est diviser la lutte des travailleurs et laisser régner les actionnaires et les États qui défendent leurs intérêts. Comme le disent nos camarades en français, anglais, allemand et espagnol, dans leur bulletin d'entreprise : " Seule la lutte de l'ensemble des travailleurs d'Airbus et de la sous-traitance, quelle que soit notre nationalité, pourra être efficace pour les obliger à annuler les suppressions d'emplois. "

Partager