Grande-Bretagne : Le " retrait " des troupes d'Irak, encore un tour de passe-passe de Blair.28/02/20072007Journal/medias/journalnumero/images/2007/03/une2013.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans le monde

Grande-Bretagne : Le " retrait " des troupes d'Irak, encore un tour de passe-passe de Blair.

Annoncée en septembre dernier, la réduction des troupes britanniques en Irak n'avait pas eu lieu. Il aura fallu attendre cinq mois pour que, le 21 février, Blair se décide à reprendre cette annonce à son compte. Selon ses déclarations, 1600 soldats britanniques devraient quitter l'Irak (20 % des effectifs) et ce serait pour... bientôt.

Car Blair s'est bien gardé de fixer une date, ajoutant qu'une aggravation de la situation pourrait retarder ce plan. Nul ne sait donc si retrait partiel il y aura, ni quand. En revanche, il est certain que de nouvelles troupes vont partir en Afghanistan. L'armée se heurte là-bas à une résistance qu'elle n'avait pas prévue en prenant la relève des troupes américaines dans la province d'Helmand, l'été dernier. Et l'état-major réclame depuis longtemps des renforts à cor et à cri.

Ce petit jeu d'annonce n'est donc rien d'autre qu'un tour de passe-passe, et à plus d'un titre.

C'est ainsi que le choix du 21 février pour annoncer ce " retrait " ne doit rien au hasard. Ce jour-là devait avoir lieu au Parlement un vote sur la création d'une commission d'enquête sur la politique irakienne de Blair. De telles commissions comptent parmi les artifices du parlementarisme britannique pour enterrer les scandales politiques sous des tonnes de paperasses. Néanmoins elles attirent l'attention des médias. Il n'était donc pas question pour Blair de laisser passer cette proposition, surtout à deux mois des élections municipales. Et tout indique que son annonce de " retrait " est le prix qu'il a dû payer pour qu'un certain nombre de députés de son propre parti renoncent à voter pour cette commission.

Ayant dû faire ce geste, Blair s'est empressé de le tourner à son avantage par un autre tour de passe-passe. À l'en croire, ce " retrait " serait rendu possible par une amélioration telle de la situation dans la région de Bassorah, que les autorités irakiennes seraient maintenant en mesure d'assurer la sécurité de la population et même de " ramener la prospérité ". Autrement dit on serait enfin sur la voie de la victoire tant de fois annoncée.

Là, la démagogie de Blair confine au grotesque. Sans même parler de la situation dans le reste de l'Irak, les troupes britanniques ont vu le nombre de leurs victimes augmenter de près de 200 % dans les douze mois écoulés, comparés au douze mois précédents ! Il y a moins de deux mois, un millier de soldats britanniques ont même fait le siège d'une prison clandestine installée par l'une des milices chiites dans un bâtiment officiel de la police irakienne à Bassorah ! À l'époque, on y avait trouvé pas moins de 127 prisonniers sévèrement torturés.

Et c'est cela la " sécurité " dont Blair ose se féliciter pour la population irakienne, celle que leur réservent les milices que l'invasion anglo-américaine a armées et favorisées ? Quant à parler de " prospérité ", sans doute n'avait-il à l'esprit que celle des actionnaires de BP, qui seront au nombre des bénéficiaires de la nouvelle loi sur les concessions pétrolières étrangères en cours d'adoption à Bagdad.

On ne peut que se féliciter de la participation importante aux manifestations contre l'occupation de l'Irak et de l'Afghanistan qui ont eu lieu dans les grandes villes britanniques le 24 février. Elle a montré que les mensonges révoltants de Blair ne font pas oublier que son gouvernement et l'essentiel de la classe politique britannique ont les mains couvertes de sang irakien et afghan.

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