Sarkozy, Royal : D'accord pour des programmes qui ne coûtent rien au patronat16/02/20072007Journal/medias/journalnumero/images/2007/02/une2011.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Sarkozy, Royal : D'accord pour des programmes qui ne coûtent rien au patronat

Les programmes électoraux des deux candidats présentés comme les «principaux» comprennent un certain nombre de mesures dites sociales qui devraient, le cas échéant, être financées par l'État. Pour ce qui est de Royal on peut citer la construction de logements sociaux, le service public d'accueil de la petite enfance, l'allocation-autonomie pour les jeunes, le soutien scolaire gratuit. Dans le programme de Sarkozy, moins fourni sur ce chapitre que sur les cadeaux directs au patronat, on trouve quand même une allocation pour les jeunes, le soutien aux élèves dans les banlieues défavorisées, l'extension des allocations familiales au premier enfant.

Ces mesures, pour insuffisantes qu'elles soient face à l'urgence sociale, représenteraient malgré tout une dépense de l'État en direction de la population et toute la presse a posé la question du «chiffrage», du financement de ces mesures qui n'ont pourtant rien d'exceptionnel.

Celles envisagées par la candidate du PS coûteraient, selon le journal Le Parisien, 5,6 milliards d'euros qui, d'après sa porte-parole, seraient financés par la «croissance économique»... dont on nous dira peut-être demain qu'elle n'était pas au rendez-vous.

Le coût de celles de Sarkozy est estimé par le même journal à 4,6 milliards d'euros. Lui entend les financer par la «réduction des dépenses publiques», c'est-à-dire en fait par des économies sur les services publics nécessaires à la population.

Donc, pour financer ces quelques promesses en direction des classes populaires, l'une compte sur une hypothétique croissance, l'autre promet de déshabiller (beaucoup) Pierre pour habiller (très peu) Paul. Aucun des deux n'envisage d'aller prendre l'argent là où il est.

L'argent coule pourtant à flots dans ce pays, comme coulait le Pactole, le fleuve rempli d'or de la mythologie antique. Ne serait-ce que les 65 milliards d'euros de subventions sans contrepartie accordées aux entreprises en 2005 ou la somme équivalente, et toujours grandissante, des bénéfices réalisés par les seules entreprises du classement CAC 40; sans parler des fortunes privées des actionnaires de ces mêmes sociétés, fortunes dont le montant réel est inconnu.

Une partie seulement de cet argent suffirait à financer non seulement les mesurettes des deux candidats mais même, à la fois, la hausse des salaires et des retraites, le maintien des emplois, l'embauche dans les services publics, particulièrement l'Éducation nationale, et un vrai programme de construction de logements. Toutes ces mesures, parce qu'elles sont immédiatement nécessaires à la population, sont évoquées dans les discours de Royal et même dans ceux de Sarkozy. Mais jamais ni l'une ni l'autre ne parlent du seul moyen réel de les financer, et donc du seul moyen de les réaliser: prendre sur les profits et les fortunes qu'ils ont permis d'accumuler

Ainsi Ségolène Royal s'arrête en fait avec le même respect et au même endroit que Sarkozy, sur la berge du fleuve.

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