Retraites : Derrière la «large négociation», le vide16/02/20072007Journal/medias/journalnumero/images/2007/02/une2011.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Retraites : Derrière la «large négociation», le vide

Certaines des cent propositions de Ségolène Royal concernent les retraites: elles comprennent la mensualisation du minimum vieillesse, le paiement des retraites de la Sécurité sociale le premier jour du mois (au lieu du 9), l'augmentation de 5% des petites retraites, sans d'ailleurs préciser ce que veut dire «petites».

Voilà pour les mesures présentées comme immédiates. Quant à la fixation d'un minimum de pension garanti proche du smic, au financement des régimes spéciaux, à la loi Fillon, bref quant à la discussion en cours sur les retraites, elle est remise à une «large négociation» entre les partenaires sociaux.

Sarkozy, quant à lui, nous annonce d'emblée les attaques contre les quelques protections dont bénéficient encore certains travailleurs quand il s'agit de prendre leur retraite; il n'est évidemment pas question pour lui de revenir sur les lois Balladur et Raffarin-Fillon si ce n'est pour envisager d'en aggraver les conditions en allongeant, par exemple, la durée de cotisations ou en repoussant l'âge de départ en retraite.

Ségolène Royal et le Parti Socialiste nous promettent une «remise à plat», un grand débat entre les patrons, qui sont sur la même ligne que Sarkozy, et les confédérations syndicales, toutes convaincues, même si chacune le dit à sa manière, que des «efforts» doivent être faits y compris par les travailleurs. Un gouvernement de gauche, en dehors des trois mesures présentées comme immédiates, n'imposerait donc rien. Il renverrait le sort des futurs retraités aux conclusions d'un grand «débat participatif», pour reprendre un terme cher à Ségolène Royal, réunissant le patronat et les syndicats, qu'elle dit vouloir renforcer.

Voilà qui est clair: si les travailleurs veulent retrouver une durée de cotisation raisonnable, 37,5 années ou moins, s'ils veulent une pension calculée au moins sur les dix meilleures années, bref, s'ils veulent vivre et non survivre, comme c'est possible dans une société où la productivité et les richesses ont considérablement augmenté, ils ne l'obtiendront qu'en l'imposant eux-mêmes, par leur mobilisation et par leurs luttes.

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