Fonderies du Poitou - Ingrandes (Vienne) : Les obscurs circuits du capital16/02/20072007Journal/medias/journalnumero/images/2007/02/une2011.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Fonderies du Poitou - Ingrandes (Vienne) : Les obscurs circuits du capital

Achetée en 2002 par le fonds d'investissement américain Questor (banque JP-Morgan, etc.) en même temps que quinze autres fonderies du groupe Teksid, travaillant essentiellement l'aluminium et qui appartenaient alors à Fiat, la Fonderie du Poitou Aluminium est semble-t-il en passe d'être revendue au fonds d'investissement allemand Bavaria Industrie Kapital dans un lot qui comprend deux autres fonderies françaises (Fonderie Aluminium Cléon et Métaltemple), deux fonderies italiennes et les établissements commerciaux qui leur sont liés.

Le moins que l'on puisse dire, c'est que rien n'est clair dans cette affaire. Ni la situation financière réelle des fonderies, ni les mouvements de capitaux qui ont eu lieu depuis cinq ans d'une entreprise à l'autre, de la holding «mère» basée aux Bermudes à la holding européenne basée au Luxembourg, ni l'identité et la situation réelles des vendeurs, des acheteurs ou de ceux auprès desquels les patrons ont contracté des emprunts lors de l'achat en 2002, ni bien sûr les intentions des patrons actuels ou futurs en ce qui nous concerne. On semble avoir à faire à une nébuleuse financière où emprunteurs et prêteurs se confondent, tandis qu'il faut trimer pour satisfaire les appétits des uns et des autres.

Les seules informations distillées par les patrons au fil des mois visaient à accréditer l'idée d'une situation financière mauvaise. À plusieurs reprises, on nous a dit que l'aluminium nécessaire à l'alimentation des machines était à deux doigts de la rupture de stock faute d'une trésorerie suffisante. Puis, à l'automne 2006, nous avons appris que Teksid Aluminium lançait une offre de rachat anticipé des obligations émises lors de l'achat des fonderies en 2002. Ceux qui avaient prêté par ce biais quelque 240 millions d'euros à Questor pouvaient donc espérer récupérer leur mise pour aller jouer ailleurs. Dans le même temps, nous apprenions que les fonderies Teksid d'Amérique, de Chine et de Pologne intéressaient le groupe mexicain Nemak. En janvier enfin, les patrons confirmaient l'information selon laquelle le fonds Bavaria serait prêt à reprendre les fonderies de France et d'Italie -endettées paraît-il- au prix symbolique d'un euro!

Si l'opération va à son terme, il faut s'attendre à ce que les nouveaux propriétaires -adeptes paraît-il de la méthode Toyota- utilisent l'argument de l'endettement pour tenter de nous imposer de nouveaux reculs. Nous sommes d'autant moins résignés à les subir que le travail, particulièrement pénible, n'a jamais manqué, tandis que la productivité ne cessait d'augmenter et que les fonds dits «d'investissement» n'ont en fait investi ni dans de nouvelles usines, ni dans de nouvelles machines, ni dans l'embauche.

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