EDF - Études et Recherche : Des recherches soumises à la loi du profit16/02/20072007Journal/medias/journalnumero/images/2007/02/une2011.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

EDF - Études et Recherche : Des recherches soumises à la loi du profit

La direction des Études et Recherche d'EDF subit les restrictions qui accompagnent l'ouverture au marché et celle du capital de l'entreprise.

Malgré les déclarations gouvernementales sur la nécessité de soutenir la recherche, les effectifs ont été réduits de plus de 25% depuis huit ans, passant de 2688 en 1998 à seulement 1986 à la fin de 2006. Le budget a beau faire l'objet de publicités vantant un million d'euros par jour pour la recherche, il a reculé de près de 31% pendant la même période.

Quantité de recherches utiles mais jugées non rentables ont donc été abandonnées. Mais d'autres ont surgi, comme par exemple celles qui concernent la compréhension des marchés de l'électricité ou les mathématiques financières!

Par ailleurs, EDF veut exploiter le plus longtemps possible les centrales nucléaires, au-delà de leur durée de vie prévue initialement. D'où des problèmes comme la mauvaise tenue à long terme des matériaux sous irradiation ou l'encrassement de certains composants des centrales, à quoi viennent s'ajouter des problèmes nouveaux comme la tenue de certains ouvrages hydrauliques ou nucléaires face aux aléas climatiques. Le manque de moyens est tel que, en 2006, 30% des sollicitations de l'ingénierie nucléaire n'ont pas pu être traitées par la Recherche et Développement.

Des pressions de plus en plus fortes s'exercent donc sur le personnel: des contrôles tatillons sont effectués pour réduire coûts et délais. La direction met en place des critères de «performance», où il est question de «contrôler ses émotions, garder son efficacité en dépit des difficultés, maintenir son énergie dans des situations de tension ou de pression forte de l'environnement» ou encore «montrer sa capacité à partager une position constructive face au changement!»

Toutefois la direction n'use pas seulement de l'arme psychologique: la part de la rémunération soumise à l'arbitraire de la hiérarchie augmente d'année en année, avec pour beaucoup une baisse du pouvoir d'achat.

Il va bien falloir introduire un nouveau thème de recherche: «comment rétablir nos conditions de travail et de salaire!»

Partager