STMicroelectronics – Crolles (Isère) : Les nuages de sauterelles du capital31/01/20072007Journal/medias/journalnumero/images/2007/02/une2009.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

STMicroelectronics – Crolles (Isère) : Les nuages de sauterelles du capital

Deux fabricants de «puces» électroniques, Freescale et NXP, qui se sont associés à STMicroelectronics, également fabricant de semi-conducteurs, dans un projet de recherche baptisé Alliance, ont décidé de mettre fin à cette collaboration.

Sur le centre de recherche, implanté par STMicroelectronics à Crolles, à trente kilomètres de Grenoble, NXP et Freescale emploient environ 400 ingénieurs, chercheurs et futurs chercheurs préparant une thèse; ils risquent de perdre leur emploi à la fin de l'année.

Les dirigeants ont avoué à demi-mot les raisons de cette rupture de l'Alliance: il s'agit de l'arrêt des subventions publiques prévu pour fin 2007. Les collectivités locales et nationales ont, en effet, versé 543 millions d'euros de subventions, sans compter les exonérations de taxes diverses. NXP et Freescale, qui se désengagent, envisagent déjà d'autres alliances du même type en Asie et aux États-Unis.

Les pouvoirs publics locaux, où la gauche est majoritaire à tous les niveaux et qui ont voté les subventions, semblent peu émus du sort des travailleurs et s'en tirent, pour l'instant, par des pirouettes. Brottes, député PS et maire de Crolles, s'est exprimé ainsi: «ST est sur le site depuis 1990, elle a toujours respecté ses engagements en matière d'investissement et d'emploi. Si elle doit nouer demain des partenariats différents avec les mêmes ou d'autres partenariats avec d'autres, j'imagine qu'elle s'emploiera à le faire [...], le bilan parle pour l'avenir.»

Justement, le bilan pour ST, c'est cette année 782 millions de dollars US, soit trois fois les bénéfices de l'année dernière. Quant au respect des engagements, quand ST a licencié 600 salariés en fermant quasiment son usine de Rennes, Brottes et les élus PS ont renouvelé leur accord pour les subventions à ST et les ont revotées chaque année depuis. On a même vu André Vallini, président du Conseil général de l'Isère, verser dès la fin 2006, par anticipation sur l'année 2007, le solde de la subvention départementale de 51millions d'euros!

Que ST, NXP et Freescale se débrouillent! Comme le montrent les profits réalisés, ces entreprises ont largement les moyens de maintenir les salaires et les emplois.

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