Conférence mondiale sur le réchauffement climatique : Responsables protégés... haro sur la population!31/01/20072007Journal/medias/journalnumero/images/2007/02/une2009.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans le monde

Conférence mondiale sur le réchauffement climatique : Responsables protégés... haro sur la population!

Depuis lundi 29 janvier, les 500 délégués du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat sont réunis à Paris. Le 2 février, ils devraient, à l'issue de leur réunion à huis clos, rendre public leur rapport, censé servir de référence pour les cinq prochaines années à l'ensemble des gouvernements de la planète en vue de protéger l'avenir et la vie des six milliards d'habitants.

Des rapports de ce groupe d'experts, sous l'égide de l'ONU, les gouvernements ont déjà sorti le protocole de Kyoto en 1992. En dehors du fait qu'il n'a toujours pas été ratifié par les USA (responsables à eux seuls de plus du quart de l'ensemble de la pollution planétaire), ce protocole n'a absolument rien résolu. Il a consisté à demander aux industriels l'auto-discipline et l'auto-contrôle sur leur pollution et à instaurer une sorte de droit mondial à polluer. Résultat: le problème est bien plus grave aujourd'hui, selon les scientifiques, qu'il y a quinze ans.

Ce sont les activités industrielles et les transports qui sont responsables de l'augmentation très rapide de la concentration de gaz carbonique dans l'atmosphère, accumulation qui provoque le phénomène d'effet de serre et l'augmentation des températures. Mais rien ne permet de dire que les gouvernants ont, aujourd'hui plus qu'hier, l'intention de prendre la moindre mesure coercitive à l'encontre des vrais responsables des catastrophes annoncées, les industriels, les capitalistes et l'ensemble de leur système.

Pourtant la technologie a progressé. Les usines et tous les sites de production d'énergie et de traitement sont, même s'ils le restent encore, moins polluants que les anciennes installations. Le simple renouvellement général de l'appareil productif pourrait faire diminuer rapidement, et dans des proportions considérables, les émissions de gaz à effet de serre dans le monde. Quant aux capitaux disponibles ils existent: jamais les grands groupes industriels, commerciaux et financiers des pays les plus riches de la planète n'ont accumulé autant d'argent. Mais les États de ces pays ne veulent pas, même au nom de la survie de la planète, obliger les quelques milliers de milliardaires qui contrôlent toute l'économie mondiale, ne serait-ce qu'à réinvestir une part de leurs profits pour moderniser leurs entreprises. Et cela sans parler des formidables gaspillages engendrés par leur concurrence aveugle et leur production anarchique.

À l'opposé, la chanson que nos gouvernants reprennent en choeur, Chirac en tête, et bien des prétendus experts qui leur servent de caution scientifique, c'est de rendre responsable la masse de la population et de préparer celle-ci à faire des efforts «pour sauver la planète». C'est elle qui devra payer de nouvelles taxes sur les carburants, l'énergie plus chère, des taxes supplémentaires sur les traitements des ordures, de l'eau, etc. En fait, sans rien résoudre du problème posé, c'est l'occasion de faire payer un peu plus les classes populaires. Tout cela pour ne pas écorner les profits des grands capitalistes, dont les choix sont les principaux responsables de la pollution de la planète, et qui pourront impunément continuer dans cette voie.

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